Les raisins de la dystopie... avec Nouriel Roubini

Dystopie, ou contre-utopie, la grande peur de Davos 2012. Conclusion, il faut soigner ce grand malade qu'est le monde, sinon, le "Brave new world" nous attend au coin de la rue. Ambiance raisins de la colère avec le pape du catastrophisme.

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"The seeds of Dystopia" était l'une des conférences vedettes du forum, hier mercredi 25 janvier, avec l'incontournable docteur Doom, Nouriel Roubini, l'homme qui a prédit la crise (de 2008) et qui pour l'instant ne comprend plus grand choseà ce qui se passe, sinon que c'est toujours très grave. Dystopie, le mot clef de Davos 2012, pour essayer de définir le Brave New World, à la George Orwell (1984) ou à la Aldous Huxley (Le meilleur des mondes), qui pourrait bien nous tomber sur la tête si le capitalisme continue dans la direction actuelle.

Roubini lui-même ainsi que plusieurs panélistes, ont avoué que c'était la première fois qu'ils entendaient ce mot, inspiré d'un genre littéraire proche de la science fiction. Selon Wikipedia, une dystopie, ou contre-utopie, "est un récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de façon telle qu'elle empêche ses membres d'atteindre le bonheur". Bref une société d'oppression, de manipulation, où tout le monde surveille tout le monde (hello Google et facebook !) et où l'Etat met des caméras partout. La parfaite définition de la ville de Davos, sous étroite surveillance policière...soit dit en passant. Mais à Davos, reconnaissons le, chacun peut s'exprimer, ce qui n'est pas le cas dans "1984" ou le "Meilleur des mondes"...

Alors, ces germes de la dystopie, où sont ils donc ? L'autre mot clef des BL "business leaders", ici, c'est "social unrest", le risque d'explosion sociale, directement connecté à l'incertitude économique actuelle. Si on veut se faire peur, on peut regarder du côté de la dette (4500 euros de plus par habitant de l'Europe depuis 2008), la déflation entrainée inéluctablement par les politiques d'austérité (225 millions de personnes dans le monde sont au chômage, selon les stats officielles), et les turbulences politiques (tous les gouvernements en place ont été virés par les électeurs, l'Italie a choisi un gouvernement de technocrates, certes au visage sympathique de Mario Monti, mais non démocratique. Sans parler de la Hongrie, et sa dérive autoritaire qui restreint la liberté de la presse et contrôle sa banque centrale, au mépris des règles européennes. Les raisins de la colère, Roubini les voit ausssi venir de la pauvreté qui atteint un habitant sur trois de la planète, tandis que les 1% des plus riches détient 40% de la richesse mondiale. A ce sujet, voir le dessin en Une du Temps ce jour : à la tribune de Davos, un intervenant s'écrie : "l'écart entre les riches et les méga-riches augmente !".

Alors que faire ? On a évoqué l'idée d'un meilleur partage des richesses mais qui commence ? Roubini, lui, a invoqué les mannes d'Henry Ford, qui a augmenté ses salariés pour qu'ils puissent acheter ses voitures. Une dystopie ? Non, une utopie...

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