Où sont passés nos inventeurs ?

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(Crédits : Reuters)
Les partisans de la baisse des impôts font souvent valoir que le poids de notre fiscalité entraîne la fuite des plus gros contribuables, engendrant ainsi une diminution de l’assiette imposable et l’exil des individus les plus productifs. Une sorte de « rich drain ». D’où l’attention particulière avec laquelle est suivie la publication des données de Bercy sur l’émigration fiscale des assujettis à l’ISF.

Ces chiffres très intéressants ne permettent pas de mesurer les départs de contribuables à haut potentiel, non encore soumis à l'ISF, mais qui anticipant leur succès futur, préfèrent partir pour exercer leurs talents dans des pays jugés plus accueillants. Ce serait le cas des jeunes entrepreneurs, scientifiques et experts en tout genre, qui auraient intérêt à quitter la France maintenant pour engranger dans le futur leurs gains dans un pays fiscalement plus favorable.

Comment mesurer ce phénomène ?

L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a publié récemment des chiffres sur la migration internationale des inventeurs. Ces statistiques permettent de mesurer le nombre annuel des déposants de brevets de nationalité française qui se sont installés dans un pays étranger. Ces chiffres permettent donc de mesurer l'ampleur des départs annuels de nos inventeurs et innovateurs.

L'OMPI construit ces chiffres à partir des informations sur la nationalité et la résidence des inventeurs, contenues dans les demandes des brevets internationaux (dits « PCT »). Les brevets PCT représentent plus de la moitié du total des brevets internationaux déposés dans le monde et constituent le plus souvent « la crème » des brevets. En effet, ils donnent la possibilité d'étendre la protection au monde entier, une protection qui est évidemment très coûteuse et qui n'est rentable que pour les inventions à haut potentiel, d'où « l'écrémage » observé.

Les données de l'OMPI permettent de calculer le solde migratoire d'inventeurs pays par pays (les inventeurs immigrants moins les inventeurs émigrants). Un solde négatif signifie que les inventeurs qui partent du pays sont plus nombreux que ceux qui viennent s'y établir.

Le solde migratoire constitue une mesure de l'attractivité du pays pour les individus les plus innovants. Ainsi mesurée, l'attractivité de la France n'a cessé de se dégrader à partir de la fin de la décennie 90.

Si dans un premier temps nos principaux concurrents européens ont perdu leur attractivité au même rythme que nous, le Royaume-Uni et l'Allemagne sont parvenus à redresser la situation depuis 2007, démontrant par là même que le phénomène ne constituait pas une fatalité inexorable. Le cas du Royaume-Uni le montre assez bien : après un décrochage précoce dès le milieu des années 80, et un effondrement de l'attractivité au début des années 2000, le Royaume-Uni remonte la pente depuis 2007.

Cette perte d'attractivité est assez préoccupante pour l'avenir de l'économie française, qui voit partir des individus parmi les plus innovants, éduqués en France mais qui généreront des bénéfices économiques ailleurs.

Quelles destinations sont privilégiées par nos inventeurs ?

Le graphique suivant fournit le solde migratoire bilatéral annuel de la France avec les principales destinations :

Les Etats-Unis et la Suisse sont les deux destinations préférées des inventeurs français, avec l'Allemagne se plaçant en troisième position. Le Royaume-Uni et la Belgique arrivent à la quatrième et à la cinquième place respectivement.

Etant donné l'importance de la Suisse et de la Belgique comme terres d'accueil pour les inventeurs français, il ne fait aucun doute que la fiscalité incite à émigrer, même si elle n'est pas le seul facteur explicatif. En effet, un meilleur dynamisme économique du pays de destination doit aussi être pris en compte, comme le montre la position des Etats-Unis et de l'Allemagne.

A côté des flux annuels, il est intéressant de regarder également le stock, c'est-à-dire le nombre d'inventeurs français établis à l'étranger. Les données de l'OMPI permettent ainsi de capter le total des inventeurs français partis entre 1978 et 2011. En retranchant le cumul de ceux qui se sont à l'inverse établis en France sur la même période, on arrive à l'« innovation drain » net français entre 1978 et 2011 par destination :

L'émigration nette depuis 1978 a été de 11 200 inventeurs. Rapportée au nombre d'inventeurs qui ont été actifs en France entre 1978 et 2011 (218 000), le stock d'émigrés nets représente donc près de 5% du total en 2011.

Que représentent les départs annuels relativement au stock d'inventeurs actifs en France ? Autrement dit, quel est le taux d'émigration annuel ? Le graphique suivant permet de mesurer l'ampleur du phénomène :

En 2011, 1% des inventeurs français sont partis à l'étranger. Une proportion qui a augmenté de 20% depuis 1990, après avoir connu un pic en 2001 où le taux avait atteint 1,6%.

Ce phénomène de l' « innovation drain » est donc bien plus significatif que celui du « rich drain » qui touche les contribuables concernés par l'ISF. En effet, d'après les derniers chiffres de Bercy, les départs annuels ne représentaient que 0,12% des foyers assujettis à l'ISF en 2010. En proportion, l'exil des inventeurs constitue donc un phénomène 10 fois plus important que celui des contribuables soumis à l'ISF. Il serait temps de donner à l' »innovation drain » une couverture médiatique à la hauteur des enjeux qu'il représente.

L' « innovation drain » n'est pourtant qu'une fraction du « brain drain » plus général touchant toutes sortes d'individus à haut potentiel qui, au moment de leur départ, ne représentent pas un poids fiscal suffisant pour que le pays déplore leur exil. Pourtant, ce sont autant de futurs contribuables, et pas des moindres, qui s'en vont et dont l'absence pèsera sur la performance de notre économie dans les années à venir.

_______

 Michal Zajac exerce en tant qu'économiste dans le secteur de l'assurance. Il a obtenu son doctorat en économie en 2013 et mène des recherches dans le domaine du financement des entreprises innovantes.

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Commentaires
a écrit le 20/12/2014 à 11:01 :
je suis allé ces dernières années au concours d'inventeurs porte de Versailles ?????? déserté !!! il n'y avait plus qu'une ambiance qui reflète la morosité des inventeurs, pas de concordance avec la crise, j'adorais y échanger des idées, y circuler et rencontrer des inventeurs qui étaient démonstratifs une faune de curieux intéressés, un ambiance de marché bruyant ou je m'y sentais bien, et là ces derniers temps je les sentais abandonnés, un petit groupe tout au fond cachés derrière les marchands de saucisses. Certain mais peu sont partis, les autres ont abandonné tout espoir, voilà c'est dit...
a écrit le 20/12/2014 à 10:42 :
la France c'est comme le Titanic, elle était aussi un de fleurons de la créativité. Le concours Lepine a fondu comme un iceberg sous la chaleur du découragement.
a écrit le 20/12/2014 à 0:21 :
pour finir, les investisseurs quitteront le navire et la France continuera de rêver. Les inventeurs qui ont dût s'expatrier pour réussir regarderont le Titanic au 20 H.
a écrit le 20/12/2014 à 0:17 :
de toute façon la France est un pays en perdition, il y a eu les années ou elle était enthousiaste et faisait partie de l'élan international de l'évolution de la technologie, ce pays veut s'accrocher aux branches de sont passé et compte dessus pour tenir dans l'avenir en attendant que ça revienne. Les investisseurs ne s'y risquent plus et investissent ailleurs pour vendre leurs produits fabriqués à bas coût aux Français qui étaient capable de s'adapter et créer. Quant tout sera pa
a écrit le 21/10/2014 à 17:46 :
Pour moi aucune equivoque ma prochaine invention sera enregistree a l'etranger. Ca n'est plus supportable d'etre la proie ou de l'etat ou des grandes entreprises.
a écrit le 16/10/2014 à 9:51 :
Je fais partie des ces inventeurs qui vont quitter le pays, mais il y a une dimension qui n'est pas prise en compte par l'etude.
Aucune de mes inventions, n'a jamais ete achete par des entites francaise (je prefere utiliser le mot entite car cela concerne
aussi bien une entreprise qu'une collectivite).
A chaque fois, le risque de choisir une innovation a ete pris par des entreprises ou des etats etrangers, ca ne m'est jamais arrive en France. J'ai toujours eu les remarques suivantes : "c'est super ce truc .... mais c'est utilise/installe ou ?" et quand je repondais "c'est tout nouveau, ca n'a encore jamais ete installe", l'interlocuteur mettait fin a toute discussion, et je parle de produit tres techniques, ou mon interlocuteur avait les competences pour juger du serieux ou non des produits !
La france se veut la championne de la recherche et du developpement, cela n'arrivera jamais car personne ne prend le risque d'investir dans quelque chose de nouveau, sauf si c'est porte par un madarin du publique/semi publique donc souvent une lubbie hors de prix, qui ne fonctionnera jamais et sera epingle par la cours des comptes quelques annees apres.

La vraie innovation ne sort jamais de laboratoires, mais de garages et est le plus souvent le fait d'individus isoles et non de diplomes de grandes ecoles dont le niveau d'innovation est inexistant ou sterilise par l'EdNat !
L'acceptation de l'innovation suppose l'acceptation d'une remise en cause de ce qui existait avant ... croyez-vous que le francais en soit capable (et a plus forte raison, les distilats de l'education nationale qui dirigent ce pays et ces grandes entreprises) ?

Et vous avez remarque, a aucun moment je n'ai parle d'argent, de cout, d'impots ou de charges ... le probleme est plus fondamentale : le francais est incapable d'accepter le changement !

(Desole pour les accents, mais mon clavier n'en comporte pas (mes clients n'en ont pas besoin) !)
a écrit le 14/10/2014 à 18:06 :
Ca existe des "inventeurs en France ???? A chaque fois qu'une grande découverte est faite ce n'est pas un nom français qui en est à l'origine. Alors que les "cerveaux" français soient en France ou ailleurs, ils ne bouillonnent pas plus.
a écrit le 14/10/2014 à 11:51 :
Il faudrait aussi comptabiliser ceux qui restent en France et qui ont des idées, mais qui ne déposent pas de brevets car ils savent qu'en France ils n'ont aucune chance d'en tirer des bénéfices.
Réponse de le 24/10/2014 à 10:19 :
Parfois, produire sans breveter permet de ne pas rendre "public" l'invention (lire le brevet révèle l'invention),mais pour ça faut être une entreprise. Ensuite, si quelqu'un utilise notre brevet sans autorisation, il faut s'en rendre compte, le prouver puis aller en justice, aïe.... Compliqué et lourd.
a écrit le 14/10/2014 à 9:21 :
C'est super...sauf qu'en France, on a la chance d'avoir des études peu onéreuses..c'est bien français ça, une fois qu'on s'est gavé, on va voir ailleurs
Réponse de le 15/10/2014 à 7:12 :
Bien dit ! Pour la " chance " et pour la fuite après avoir fait le plein ... en France !
a écrit le 13/10/2014 à 11:55 :
C est logique vu que la france privilegie la rente et encourage l investissement dans .. le parpaing !
C est tres bien pour favoriser les retraites (et se faire elire vu leur poids electoral) mais suicidaire offrir comme perspective a un jeune de 20 ans de faire X annees de stage sous paye pour ensuite avoir droit de s endetter sur 20 ans pour achetr un truc a 1 h de son lieu de travail !
Réponse de le 13/10/2014 à 12:24 :
@cdf et consorts: rien n'oblige ledit jeune de 20 ans à accepter. S'il est si malin, il peut créer sa propre entreprise et cesser de pleunicher :-)
Réponse de le 14/10/2014 à 8:10 :
Créer son entreprise qui va être surtaxé avant même d'avoir éclos, et tout perdre au final... Ou aller a l'étranger créer son entreprise et la faire fructifier tranquillement dans la surtaxe française.
a écrit le 13/10/2014 à 11:15 :
les inventeurs sont partis....à quoi bon rester dans ce pays qui privilégie la rente à l'invention , au travail, à la création d'entreprise...on préfère choyer à coup de déficit des rentiers 68ards en leur filant encore plus de locatif défiscalisé avec lesquels ils pourrront continuer à se sucrer sur le dos des générations suivantes d'actifs....actifs, sur-imposés pour financer leur train de vie de sénateur, et les retraites délirantes qu'ils se sont auto-votés à eux-meme....bye bye la France...travailler pour cette génération de sangsues; non merci !
a écrit le 13/10/2014 à 9:29 :

Ne cherchez pas nos inventeurs, ils se sont barrés et ils ont raison
a écrit le 13/10/2014 à 1:37 :
Statistique difficile à interpréter, bien que cela n'arrête pas certains commentateurs tellement sûrs de leur fait....

Exemple: si un Français dépose un brevet, puis s'expatrie, son lieu de résidence est la France au moment du dépôt (ce qui a servi à ces données, et qui est la seule résidence traçable par l'OMPI). Donc un inventeur français qui s'expatrie après avoir inventé ne figure pas dans les chiffres de cet article!
Inversement, un français habitant aux USA lors du dépôt s'est expatrié AVANT d'être un inventeur. Il travaille probablement (mais pas certainement) pour une société ou encore plus couramment pour une université américaine. Par ailleurs il est courant (et d'ailleurs formidablement stimulant!) de faire un post-doc aux USA pour un français, et un séjour de ce type aboutit typiquement à quelques dépôts de brevets avant le retour en France. Là encore, le lien nationalité/lieu de résidence au moment du dépôt est trompeur, puisque cet inventeur apparaitra dans l'étude comme ayant quitté la France pour d'autres cieux, alors que c'est l'inverse.

Ce double contresens de l'étude ne gène évidemment pas beaucoup de commentateurs, qui sans doute n'ont pas tous déposé de brevet, séjourné à l'étranger, puis sont revenu en France après avoir enrichi leur cerveau par une confrontation infiniment précieuse à d'autres modes de pensée et de vie.
Réponse de le 13/10/2014 à 16:19 :
tout à fait d'accord (cf mon commentaire). En plus, le graphe comparant France/UK/Allemagne: on peut pas en conclure grand chose.
a écrit le 12/10/2014 à 21:14 :
Ce hollande a de la graine mitterrandienne : mensonge, manipulation et incompétence !
En 2017, la situation ira un peu mieux, la droite sera divisée et Le Pen en ambuscade.
Hollande sera réélu par la magouille et la manipulation. Triste sors pour la France. Les français sont des manipulés de gauche. L'immigration représente des millions de voix pour la gauche. Les français sont déresponsabilisés, les famille, l'armée et l'entreprise assassinée. L'Eglise est insultée. Les racines sont piétinées et la morale tuée. La gauche a tous les pouvoirs officiels et officieux : intellectuels, artistes, juges, syndicats etc...La france est morte. Elle est gangrénée par la haine semée par les socialistes. Hollande fera 2 quinquénats...
Réponse de le 13/10/2014 à 9:32 :

Je jure que si cela devait arriver, je l'expatrie aussitôt
Réponse de le 14/10/2014 à 12:08 :
Votre idée ( c'est comme votre orthographe il manque les S...) c'est de maintenir la France aux 19émes siècle (Catho, réactionnaire, paternaliste,esclavagiste, xenophobe,....)
a écrit le 12/10/2014 à 21:05 :
Nous raisonnons comme au siècle dernier il faudra bien que nous integrions que le développement des technologies ne laissera pas de boulot pour tous. Il faut inventer un nouveau modèle c est tout
Réponse de le 14/10/2014 à 12:06 :
La réduction du temps de travail doit accompagner les gains de productivité.
en ce moment il y a un dérapage à Droite, nous devrions être à 32 heures.
résultat 3.500.000 chômeurs.
il faut diviser par deux les dividendes versés (Ils ont doublé depuis5 ans).
Il fauit passer aux 32 HEURES et laisser braire les réactionnaires.
a écrit le 12/10/2014 à 19:54 :
Un bon inventeur est un inventeur qui a quitté la France.
a écrit le 12/10/2014 à 19:22 :
je me posais la question suivante: un indicateur sur la base du lieu de résidence des co-inventeurs des brevets est-ce que ça n'inclut pas, les post-docs, chercheurs visiteurs, ingénieurs faisant un séjour à l'étranger, etc.. qui sont devenus des étapes incontournables dans une carrière scientifique ?
Par ailleurs, un indicateur qui fluctue autant sur 5 ans, il faut être prudent sur l'interprétation.
a écrit le 12/10/2014 à 19:20 :
Faut le dire à De Gaulle ( spiritisme ou Oui-ja, peut être ?)
a écrit le 12/10/2014 à 17:30 :
Désolé pour la répétition, mais le bouton "envoyer commentaire" manque terriblement de réactivité. Un petit bout de JavaScript pourrait arranger ça…
Réponse de le 12/10/2014 à 17:58 :
Heu, vous auriez peut-être pu laisser un des exemplaires quand même ?
a écrit le 12/10/2014 à 15:47 :
La France et son mille-feuilles de structures parapubliques peuplées d'incapables, flemmards, carriéristes ruineux inutiles,
in finé c'est comme un fumeur qui fume 3 paquets de cigarettes par jour et boit 2 litres de gros rouge,
cela se traduit par un cancer, une longue longue agonie économique et une fin tragique.
Réponse de le 12/10/2014 à 17:28 :
Désolé de vous contredire, mais l'agonie d'un gros fumeur est relativement rapide (quelques années), quoiqu'extrêmement douloureuse.
C'est la raison pour laquelle, pour le bien des compte de la sécu, il faut promouvoir l'usage du tabac chez les jeunes adultes. Ils cotiseront toute leur vie, puis mourront bien avant de "consommer" plusieurs décennies de soins, qui sont nécessaires aux 4ième âge. Plus la retraite, bien entendu.
a écrit le 12/10/2014 à 15:22 :
De jeunes chercheurs Bac +10 payés un smic et demie quittent parfois la France mais les sont souvent pour avoir des conditions de travail bien meilleures, plus que pour les salaires. La plupart reste mais doivent se battre pour obtenir des moyens dérisoires, et donc après des études scientifique de qualité il y a en France une vrais désaffection pour le métier de chercheur et des jeunes qui se tournent vers le métier d’ingénieur. Et pourtant ils sont essentiels dans la découverte de nouvelles molécules qui sauveront peut être des milliers de personnes.
Nb quelqu'un peut expliquer le décrochage violent pour les inventeurs de 1997 en France et en Allemagne.
a écrit le 12/10/2014 à 14:53 :
Il y a beaucoup à dire mais pour me limiter je ferai suite à ce que disent "aaa" et "piste" car je reconnais bien ce qu'ils disent. C'est vrai qu'en France l'inventeur n'est pas considéré : on admire les chercheurs ou les prix Nobel, les inventeurs étrangers, mais on prend les notres de haut et avec condescendance. L'inventeur salarié est mal traité et l'inventeur occasionnel dont une idée pourrait avoir des retombées commerciales ne trouvera aucune aide : officiellement il est sans intérêt. Par contre les services fiscaux et sociaux lui rappelleront rapidement qu'il doit déclarer une "activité" et en acquitter les charges alors qu'il ne sait même pas s'il va gagner un peu d'argent à l'issu de beaucoup d'efforts et de contrariétés de toute origine. Alors oui, la remarque de aaa est fondée, il n'est pas rare qu'un inventeur qui a du potentiel préfère renoncer.
a écrit le 12/10/2014 à 12:16 :
Un facteur qui n'a peut-être pas été pris en compte dans cette étude est la taille du marché :

Quand vous développez une invention, il sera toujours plus intéressant de le faire aux USA où d'un coup vous accéderez à 300 millions de riches consommateurs, plutôt que de le faire en Europe où vous devrez la promouvoir et l'adapter à la réglementation dans chaque petit État.

C'est un facteur d'attractivité qui doit certainement jouer indépendamment de la fiscalité (qui joue aussi, évidemment).
Réponse de le 12/10/2014 à 16:43 :
Les boutiques virtuelles changent la donne, notamment dans le logiciel. Vous pouvez accéder au marché planétaire depuis n'importe où. Du moins, potentiellement.
Et, vous me direz, c'est encore une boîte US (Apple pour ne pas la nommer) qui a innové pour créer ce genre de truc… Avec tous nos "experts" qui leur promettaient un échec cinglant. Comme ils le font toujours, y compris au détriment des inventeurs Français…
a écrit le 12/10/2014 à 12:06 :
Certes à l'étranger. Mais il fait aussi se demander le modèle de société que l'on souhaite. Suisse, USA et autres pays sont attractifs pour les inventeurs mais le seront-ils si leur invention ne rencontre pas le succès escompté? J'en doute fort. La France reste le meilleur pays du monde si l'on a pas la chance d'être cet inventeur. Une consultation à 23e, des études gratuites, une pression à 2.5 dans nos régions françaises, une chance donnée à tous de s'en sortir. Il ne faut cracher sur le système qui nous a fait. Les salaires sont certes élevés ailleurs mais au détriment de beaucoup de personnes, c'est mathématique.
Il faut juste se demander où l'on souhaiterait être an cas de difficulté. C'est mon avis pour avoir travaillé dans ces pays. On peut réussir en France. Tout dépend ce que l'on entend par réussite. La réussite n'est-elle pas juste de de permettre de s'offrir ce que l'on souhaite?
La France fait face au défit de faire perdurer son système dans une économie nouvelle et ouverte. Liberté, égalité... fraternité qu'on est malheureusement peut être en passe de perdre.
Réponse de le 12/10/2014 à 12:18 :
la france est en effet un pays tres favorable pour les projets qui ne decollent pas... pour ceux qui decollent c'est l'enfer... la strategie c'est de tester ses idees en france et si ca marche, de mettre les voiles et de recreer le meme projet ailleurs! je connais de plus en plus de francais qui comprennent la vreaie regle du jeu! ;-)
Réponse de le 12/10/2014 à 15:54 :
Effectivement, en France les médiocres vivent aux crochets des meilleurs et les pauvres des plus riches. Systéme dont le simple énoncé provoque une crise de rire et n'a évidement aucun avenir.
Réponse de le 13/10/2014 à 12:29 :
La médiocrité c'est d'abord ces clivages, un meilleur a besoin des moins bons pour développer son produit, quant aux pauvres ils existent par ce qu'il y a des riches.
C'est vrai qu'ils vivent aux crochets, tellement que les entreprises du CAC40 sont les plus généreuses ré-tributaires de leurs actionnaires au monde.
La facilité est de croire que l'herbe est plus verte ailleurs. On doit faire mieux pour garder nos inventeurs c'est certain sauf peut être si son objectif premier est un profit immédiat sans suite. Croissance et capitalisme qu'ils disaient!
a écrit le 12/10/2014 à 11:57 :
1 qui travaille 2 qui surveillent (payés par les impôts et taxes ).... je comprends qu'ils se barrent ! J'oubliais le principe de "précaution .... voir pré-caution bancaire ! )
a écrit le 12/10/2014 à 11:35 :
Où sont passés nos inventeurs ?... à l’étranger tout simplement !!!!!!!!!!
a écrit le 12/10/2014 à 11:10 :
EN FRANCE IL Y A PLEIN D INVENTIONS ET DE CHERCHEURS QUI NE DEMANDENT QU A ETRE FINANCE? LE PROBLEME C EST QUE LES BANQUES SONT FRILEUSSES ET DEMANDE UN //RASSIO // . RENDEMENT TROP INPORTANT POUR ETRE SUR D ETRE RENBOURSSE? C EST LA CAUSSE PRINCIPALE DE LA FUITE DE NOS CHERHEURS ET DE NOS INVENTIONS? EN CROS LES FINANCIERS FRANCAIS SONT RADIN???
Réponse de le 12/10/2014 à 17:35 :
Non, les financiers français ne sont pas "radins". Ils sont salariés.
Leur carrière ne risque rien à "rater l'invention du siècle", tant qu'ils respectent les procédures, et rampent devant leur chef (qui lui-même, etc.).
Ceux qui auraient la liberté oser sont déjà partis. Avec leurs sous…
a écrit le 12/10/2014 à 10:33 :
mais pour ceux qui veulent rester il n'y a pas de boulot.
Pole emploi ne peut rien et l'APEC se déclare désolé mais c'est la crise.

Les chercheurs en poste, au niveau européen, viennent de lancer une pétition en direction de l'Europe et des gouvernements en faveur de la recherche fondamentale que l'on laisse mourir faute de crédit.
a écrit le 12/10/2014 à 10:25 :
Les jeunes qui ont envie d'entreprendre comprennent vite que la France n'est pas le pays idéal. Et puis en France on admire des réussites comme Steve Job, Bill Gates, Larry Ellison ... mais on crache et traine dans la boue des Xavier Niel qui parti de rien ont "osé" réussir face à des héritiers, énarques et polytechniciens qui ne savent pas s'adapter à leur temps.
a écrit le 12/10/2014 à 8:52 :
Le problème est plus profond. Prenez un habitant qui découvre quelque chose d’utile; il le fabrique pour lui et en profite. Pour le commercialiser il a besoin de déposer un Brevet ce qui lui coute sans aucune assurance que ça lui rapportera... Du coup son projet reste chez lui et c'est tous!!!
Réponse de le 13/10/2014 à 1:57 :
N'importe quoi! Personne n'a besoin d'un brevet pour commercialiser une invention d'autant plus lorsque ce brevet est invalide ou indéfendable par défaut de trésorerie. Le problème essentiel c'est le coût de la justice pour un petit inventeur même dans son bon droit et la jalousie permanente des français envers ceux qui sont capables de sortir du lot de la médiocrité franco-française.
a écrit le 12/10/2014 à 8:06 :
ILs se sont TOUS cassés ailleurs, pour avoir un avenir! quelle tristesse que de bouziller un si beau pays, avec de grands atouts ! à chialer...
a écrit le 12/10/2014 à 7:57 :
La France détruit son avenir, et l'on pourrait dire volontairement à cause de notre fiscalité confiscatoire et de notre réglementation rebutante.
Durant la révolution, on envoyait nos plus grands scientifiques à la guillotine en criant : la révolution n'a pas besoin de savants!
On reste dans le même esprit....
Réponse de le 12/10/2014 à 13:49 :
+ 100000 !
En France, le concept d’intelligence n’existe pas, le QI est une fiction. « Penser en entreprise, c’est désobéir » ai-je lu dans votre site. Il ne faut pas s’étonner du résultat.
Ce sont des Mozart qui partent chez l’Oncle Sam.
Mourrons bravement !!!
Réponse de le 15/10/2014 à 7:17 :
Des " Mozart " ? Vous plaisantez ?
a écrit le 12/10/2014 à 7:29 :
Non seulement ils partent mais en plus notre merveilleux système les chassent! Mon fils après un master en biochimie est allé préparer sa thèse en Grèce sans quitter sa fac française, au bout de 1 an 1/2 de travail il a constaté qu'il était dans une impasse et est rentré en France ...... Après plus de 6 mois de recherche d'un poste dans toute la France sans succès il a postulé en Suisse ...... En un mois il avait trouvé un labo , il a passé sa thèse dans une fac prestigieuse et fait actuellement de la recherche en biochimie moléculaire sur les nouveaux médicaments ........ en Suisse ou il s'est parfaitement intégré!
Réponse de le 12/10/2014 à 8:10 :
ben voilà! en France , tout rebute! tant mieux pour votre fils, bonne continuation à lui CDT
a écrit le 12/10/2014 à 3:56 :
L'herbe est toujours plus verte ailleurs cependant les "frenchies" seront et resteront toujours des frenchies à l'étranger... il suffit d'observer ce qu'il se passe au Canada pour se rendre compte que les francophones ne sont pas assimilés à de vrais canadiens par les anglosaxons mais à des "french canadians". Les français sont très critiques sur leur propre situation cependant ils n'ont pas le monopole du "french bashing" dans le monde.
a écrit le 12/10/2014 à 1:38 :
Exemple personnel : j'ai émigré aux USA dans le domaine de la recherche en physique des matériaux, mon salaire a plus que triplé pour atteindre environ 70k$, mon grade de docteur est reconnu socialement, et mes N+1 sont payés environ 150k$ a 200k$/an après 15 a 20 ans de carrière. Alors que de Gaulle ne s’étonne pas de ne pas trouver de trouveur en France ! :).
Réponse de le 12/10/2014 à 12:59 :
Bigre, vous n'étiez donc payé que 18-19keuros en France? Ne serait-ce pas un peu de la mauvaise foi?
Réponse de le 12/10/2014 à 16:49 :
Le salaire brut mensuel d'un chargé de recherche de 2 ème classe est compris entre 2 200 € et 2 600 € le chiffre de 19K € est exact, et de plus il y a très peu de recrutement...
https://www.dgdr.cnrs.fr/drhchercheurs/concoursch/chercheur/carriere-fr.htm
Réponse de le 13/10/2014 à 12:28 :
Mobius,

Vous vous rendez absolument pas compte de ce que c'est qu'un docteur en France.
Ceux qui obtiennent ces salaires là sont de vrais chanceux. Avec mon doctorat, le meilleur salaire pour lequel j'ai travaillé (en CDD non renouvelable) est 1240 euros net. En ayant postulé partout en France et en se rendant compte du statut social très bas du docteur y compris aux yeux des recruteurs.

Avec mon BAC+12, mes divers diplômes (dans différents domaines), j'ai fini par partir à l'étranger, et je peux vous dire que je ne suis pas un cas rare surtout pour le côté rémunération et recrutement.
Réponse de le 15/10/2014 à 4:57 :
@Docteur

Vous auriez du faire médecine plutôt que d'enchaîner les formations sans débouché car le statut social d'un véritable docteur est très bien reconnu dans une gérontocratie...
a écrit le 12/10/2014 à 0:20 :
Où sont passé nos inventeurs ? C'est pas vraiment compliqué comme question , il suffit de regarder l'organigramme des apple , intel , ea , microsoft . Pas mal de français se sont illustrés dans la R&D au USA dans les années 70-80 faute d'avoir de réels perspectives de carrière en france et l'oncle sam vous en remercie ... comme il a remercié les scientifiques allemands pour ses programmes militaires et de recherche spatiale . On ne peut sous payer l'expertise pendant des années sans en payer le prix .
Un ingénieur français double son salaire en suisse et si il est bon dans la silicon valley le triple .
Réponse de le 12/10/2014 à 17:57 :
Attention toutefois : le niveau de vie ne se résume pas au salaire. Outre la "tarte à la crème" des charges sociales (et des avantages payés par une partie de ces charges, le reste étant détourné), le coût d'une vie "confortable" a de quoi surprendre.
Des gens plutôt bien payés (selon nos critères) en Californie préfère dormir dans leur voiture, sur le parking de la boîte, plutôt que payer une fortune pour une chambre dans un appartement collectif (une coloc, quoi…). D'autant que l'entreprise propose tout ce qu'il faut pour la lessive, la bouffe, etc. (il s'agit de Google).
C'est aussi pourquoi, malgré les tentatives des boîtes US pour les faire immigrer, les ingés et softeux Indiens préfèrent de plus en plus rester chez eux : salaire moindre, mais "plus de vie pour le prix" : grand appart, domestiques, sorties & vacances moins chers, soins et éducations moins coûteux et de qualité, etc. etc.).

Mais j'ai l'impression qu'en France, la population des scientifiques productifs et innovateurs potentiel cumule de plus en plus "vie étriquée" et "revenus médiocres".
a écrit le 11/10/2014 à 23:40 :
La plupart des inventions aujourd'hui ne sont pas "vitales" au sens strict du terme( Sauf dans le domaine médical... et encore...) C'est d'ailleurs pour cette raison que la croissance est en panne. Beaucoup de personnes ne voient pas l'intérêt des nouveaux produits, d'autres, (de plus en plus) n'ont pas les moyens de les acheter. Innover pour innover n'a pas de sens si l'innovation ne doit servir que ceux qui peuvent y accéder.
Réponse de le 12/10/2014 à 0:27 :
Peu d'inventions sont vitales mais c'est ce qui fait qu'on achète un produit plutôt qu'un autre...
a écrit le 11/10/2014 à 23:28 :
Par l'aéroport ! lol
a écrit le 11/10/2014 à 23:25 :
La France fait fuir ses talents et sa jeunesse, mais accueille à bras et portefeuille ouvert les pouilleux sous-éduqués d'Afrique, à grand coup d'alloc, de RSA, de CMU, d'AME...
Réponse de le 12/10/2014 à 2:02 :
C'est pas un cliché ça ?
De nombreux immigrés participent de tout les jours par leur travail à la croissance et la grandeur de la France !
Bien évidemment certain profitent du système mais c'est une minorités.
Pas d'amalgame svp il participe à la sinistrose ambiante...
Réponse de le 12/10/2014 à 2:03 :
En plus le terme "pouilleux" reflète une connotation raciste abject
Réponse de le 12/10/2014 à 2:06 :
Entierement d'accord avec votre commentaire , notre belle France sombre ,nos dirigeants en sont la faute helas!
Réponse de le 12/10/2014 à 6:44 :
1. La majorité des Français qui partent sont d'origine étrangère. Ailleurs ils sont jugés sur leurs capacités et non sur leurs origines.
Il vous suffit d'aller à Londre, en Allemagne ou au Canada pour vous en rendre compte.
2 je suis d'origine étrangère et j'ai beaucoup plus donné à la France ( 700 K€ de charges, taxes et impôts par An).
Mais rassurez vous je vais quitter votre beau pays.
Réponse de le 12/10/2014 à 9:32 :
Mon cardiologue d'origine nord africaine est excellent. On sent quelque pastis de trop dans votre commentaire
Réponse de le 12/10/2014 à 9:39 :
ce n'est pas une critique" raciste", c'est bien une CONSTATATION, désolé !!! les vases communicants, mais pas dans le bon sens!! hélas!!
Réponse de le 12/10/2014 à 9:58 :
entièrement d'accord avec vous !
a écrit le 11/10/2014 à 23:16 :
Un pays égalitariste dirigé par des fonctionnaires ne peut que mépriser les gens inventifs, dynamiques et en quête de succès. En France on préfère la médiocrité. Dont acte.
Réponse de le 12/10/2014 à 16:48 :
La médiocrité rassure parce qu'elle est prévisible !
On peut la planifier, on peut bâtir des plans de carrière managériaux là dessus.

L'innovation, surtout quand il s'agit de rupture, peut briser une carrière d'incompétent-devenu-chef en quelques années.
a écrit le 11/10/2014 à 21:36 :
Je vois beaucoup de gens autour de moi qui se cassent. En général des gens qui vivent de leur travail, bientôt on aura plus que des retraités et des chômeurs dans ce pays.
Réponse de le 12/10/2014 à 2:31 :
Il est temps de fuir la FRANCE pays d' assistes de nos jours pourtant elle fut SI belle,
Réponse de le 12/10/2014 à 9:57 :
comme vous avez raison..!..j'ai connu une "autre France" aussi........
a écrit le 11/10/2014 à 21:30 :
DE GAULLE:
"Des chercheurs qui cherchent, on en trouve, mais des chercheurs qui trouvent , on en cherche"!
Réponse de le 11/10/2014 à 23:36 :
Un jeu de mot facile qui pue la démagogie. La France est une des nations les mieux représentées aux Nobels dans les matières scientifiques, ou en médaille Fields. Le niveau de nos chercheurs est excellent. Les américains l'ont bien compris, d'où le 'brain drain'...
a écrit le 11/10/2014 à 21:10 :
Où sont passés nos inventeurs ?
Réponse : ce sont l'arrogance, le mépris, le dédain, la négligence des structures parapubliques nationales, régionales, départementales et agglomérationales qui poussent les inventeurs à partir de France ...
Les agences blas blas banquets, les faux centres de faux experts autoproclamés, les CCI, sont de véritables nids de piètres comédiens qui jouent à la fois leurs mauvais rôles de cadors bons à rien mauvais à tout
et qui, in finé
jouent de très mauvais tours à la Nation Française.
Réponse de le 21/10/2014 à 14:37 :
L’actualité vient de rappeler que la problématique des inventeurs salariés reste un véritable enjeu pour la compétitivité des entreprises d’un pays.
Le chercheur japonais NAKAMURA qui s'est vu attribuer le Nobel de physique cette année pour l’invention de la LED bleu a été l'un des premiers à se mobiliser pour que les ingénieurs soient reconnus à leur juste valeur par les entreprises. Le scientifique s’est fait connaître au Japon en 2004, lors du procès qu’il a remporté contre Nichia Chemicals, la société pour laquelle il travaillait à l’époque de ses travaux sur la LED. "Dans les entreprises japonaises, on a beau réaliser une invention digne du prix Nobel, on est traité comme un esclave" avait-il déclaré il y a dix ans juste après son procès. Il est maintenant effectivement prix Nobel mais est professeur à l’Université Santa Barbara de Californie aux USA.
C’est la même chose en France, les jurisprudences montrent que les inventeurs de TGV, de la fibre optique, de nombreux médicaments etc ... ont dû aller en justice pour faire valoir leurs droits à une équitable rémunération supplémentaire.
Est-ce dans cette ambiance de défiance que l’innovation va se développer ?

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