Comment savoir si vous travaillez dans une maison de fous

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Que vous y soyez, en passe de l'être, ou déjà parti, vous avez certainement un jour connu une vie de bureau qui donne le sentiment de marcher sur la tête. Alors profitez de la trêve de fin d'année pour en rire et vous plonger dans l'ouvrage de Martin Wehrle « Je travaille dans une maison de fous ! », un kit de survie plein d'humour pour tenir dans un monde de travail de plus en plus...fou.

Si vous pensiez qu'il n' y avait jusque-là que chez votre employeur que tout était bizarre, rassurez-vous : « la plupart des entreprises existent en double : une version pour l'extérieur ou comment elles se rêvent, et une version vue de l'intérieur ou comment elles sont en réalité », écrit Martin Wehrle. Conseil en gestion de carrière et coach, Martin Wehrle reçoit quotidiennement des salariés désireux de parler de leur entreprise et de ce qu'ils y vivent en toute franchise. Autrement dit de ce qui s'y passe ou ne se passe pas, de ce qu'ils voient et ne devraient pas voir, de ce qu'ils devraient taire alors qu'ils voudraient dire. D'où l'idée de rassembler des témoignages et des anecdotes qui racontent tout ce que vous avez toujours voulu dire sans jamais que les belles plaquettes de promotion osent l'aborder.

Les 4 indices de la folie organisationnelle

Pour lui le constat est sans appel : « une maison de fous a ceci de particulier que ses directeurs connaissent par c?ur les résultats de l'exercice en cours, sont à tu et à toi avec tous leurs partenaires commerciaux importants, assistent à toutes les réunions importantes...mais en savent moins sur les vrais problèmes qui fermentent tout en bas de la hiérarchie que le préposé à la distribution du courrier à qui chacun se confie librement ». Quatre indices pour vous mettre sur la piste d'une maison de fous : l'hypocrisie (elle cultive un discours qu'elle n'applique pas), l'appât du gain (seul objectif : la maximisation de son profit), l'égocentrisme (rien ne l'intéresse, ni les clients, ni les salariés, sauf elle-même), le dilettantisme (elle cultive allègrement l'amateurisme en prenant ses décisions à pile ou face). Mais bonne ou mauvaise nouvelle la folie de votre entreprise ne dépend pas que d'elle...mais aussi de vous. « Que vous considériez qu'une entreprise est du genre « rapide » ou complètement hystérique, superdouée pour les affaires ou pathologiquement rapace, très détachée de la fiscalité ou véritable repère de fraudeurs, dépend pour une bonne part de votre propre perception des choses », ce que le coach appelle une "interaction systémique", chacun voyant midi à sa porte comme dit le dicton.Il y a donc des salariés parfaitement heureux dans les "maisons de fous". D'autres moins...

Ne pas perdre sa santé mentale

D'où le premier indice essentiel à repérer : êtes-vous en accord avec vos valeurs personnelles chez votre employeur ? Non ? Fuyez car vous risquez d'être contaminé par celles qui ne vous conviennent pas, les adopter sans vous en rendre compte et ressentir un malaise intérieur grandissant. La bonne question à se poser pour en avoir le c?ur net : « quelles situations professionnelles vous viennent à l'esprit dans lesquelles vous avez éprouvé un sentiment désagréable ? Un sentiment fort comme la colère ou la tristesse, ou ténu, comme un malaise diffus ou une simple désapprobation ? ». Ne pas être heureux dans son entreprise c'est prendre le risque d'y perdre sa santé mentale.
Une fois vos valeurs aux claires, il s'agit de voir si elles sont bien en adéquation avec celles de l'entreprise : « Quand on place la sincérité au-dessus de tout on ne fait pas son malheur en entrant chez « Faux derches et associés » ; quand on aime la rigueur, on ne va pas se fourvoyer chez « Et que ça saute SA » ; quand la sécurité est nécessaire à son équilibre mental on ne postule pas chez « Risque-tout SARL », et quand on est un adepte du travail en équipe et de la solidarité on ne tente pas de se faire interner chez « Panier de crabes et Cie », écrit Martin Wehrle.

Attention aux effets dévastateurs du dénigrement systématique

Reste ensuite à évaluer si votre entreprise est saine d'esprit. L'auteur fournit une grille précise et précieuse qui permet d'établir si les actions sont en cohérence avec le discours comme par exemple « l'entreprise tient les promesses faites à ses salariés », « elle vend ce que la publicité et ses commerciaux promettent », « le management est stable et les restructurations exceptionnelles », « le nombre de réunions limité au nécessaire est pertinent », « je suis informé(e) des évènements important concernant mon secteur ou l'entreprise ». De sorte qu'il est aisé de découvrir si l'on travaille plutôt dans une société experte en hypocrisie, en mensonges de toutes sortes, ou encore chez bluff et compagnie.
La lecture de l'ouvrage produit un triple effet :
1- je ne suis pas fou et je peux partager cela avec d'autres collègues
2- Je peux puiser dans mes ressources
3- J'ai le doit de penser et donc de ne pas me laisser cloner et lobotomiser
La conclusion de l'auteur y invite : « un individu qui se met au service d'une maison de fous et en même temps la critique est une contradiction vivante. (...) ». Attention au dénigrement censé soulager...car « chaque plainte retombe sur celui qui se plaint, elle prend de la place dans as conscience, le rend semblable à l'objet de sa plainte donc relativement fou lui aussi ».
Moralité : le pire effet du dénigrement est de consommer l'énergie qui serait nécessaire à l'action. Il n'est plus temps de ruminer et de gaspiller son énergie à s'occuper des faiblesses de son entreprise, ce qui engendre de l'insatisfaction. Avec la nouvelle année (et la fin d'un monde:-)) le moment est venu de réfléchir à comment rendre sa vie professionnelle plus épanouissante, en accord avec ses idéaux, et...de passer à l'action.
 

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Commentaires
a écrit le 20/12/2012 à 18:54 :
remplacez "entreprise" par "pays" et lisez le livre...

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