L'année de toutes les perspectives... inédites

A nouvelle année, nouvelles perspectives...Il aura fallu ce tragique 7 janvier et cet élan du 11 janvier pour que 2015 prenne une allure inédite dans le paysage français.
Après des décennies d'individualisme forcené abreuvé par la société de consommation, le retournement économique aura eu au moins pour salutaire effet de faire entrevoir aux concitoyens la nécessité de jouer plus collectif. Les tragiques évènements de ce début janvier en ont fait désormais une urgence.
Après des décennies d'individualisme forcené abreuvé par la société de consommation, le retournement économique aura eu au moins pour salutaire effet de faire entrevoir aux concitoyens la nécessité de jouer plus collectif. Les tragiques évènements de ce début janvier en ont fait désormais une urgence. (Crédits : Reuters)

Entre peur et espoir, entre colère et déni, entre regret et chagrin, chacun ressent que la question du sens est plus que jamais urgente dans notre société. Le crime des terroristes de Charlie hebdo doit beaucoup à la perte de sens et à l'exclusion. Les tueurs ont trouvé dans l'Islam radical un but à leur vie ballotée. Un sens terrifiant certes, mais quelque chose qui donnait un contour ferme et net à leur existence. Question d'identité que le modernisme continue sans cesse de bouleverser. Désormais, c'est le sens donné à nos vies par nos sociétés qu'il nous faut penser et repenser.

La nécessité de jouer plus collectif

Si les Français ont de tout temps des difficultés et des craintes liées à leur statut, un sentiment de menace dans leur mode de vie, ces évènements augurent d'un autre avenir. Non tant sur la réalité de la vie que sur la façon de l'envisager désormais. Après des décennies d'individualisme forcené abreuvé par la société de consommation, le retournement économique aura eu au moins pour salutaire effet de faire entrevoir aux concitoyens la nécessité de jouer plus collectif. Les tragiques évènements de ce début janvier en ont fait désormais une urgence.

Ils peuvent aider les Français à s'aimer mieux et à prendre conscience de l'importance de quitter le dénigrement systématique qui pousse une partie de la jeunesse à choisir d'autres horizons, malheureusement plus funestes. Car cette haine de soi ne nous a pas permis de faire aimer notre république à ceux que l'on a accueilli sur notre territoire. Nous n'avons pas su les détourner d'une voie qui les fascinait, ni réussi à les éduquer et leur faire rêver d'une autre cause. La menace terroriste peut alors constituer un choc qui permette aux Français de se retrouver et s'apprécier à nouveau. De quitter la défiance pour retrouver la confiance. D'ouvrir sur une nouvelle république plus citoyenne.

A condition qu'ils n'attendent pas des politiques de transformer le monde.

"Le dénigrement systématique de l'existant, c'est bon pour ceux qui s'intéressent à la conquête du pouvoir. Mais pour les autres qui ont déconstruit la notion de pouvoir, ils savent que la politique et le pouvoir ne se recoupent pas, que la première est bien plus vaste et illusoire que le second", constatait Cynthia Fleury à la veille de Noël dans Libération.

Un constat quelque peu similaire du sinologue François Jullien dans Philosophie Magazine de ce mois : "plutôt que de rêver théâtralement d'"engagement" à la manière de Sartre, sans doute nous appartient-il de développer une pensée critique qui ne dirait pas tant ce qu'il faut faire, mais opérerait, en amont, des changements de pensée tels que de nouvelles idéalités fassent leur chemin au travers de la société. A terme, elles s'imposeront aux politiques. Non pas par bonne volonté de leur part, mais parce que l'idéologie aura muté et qu'ils n'auront pas d'autres choix que de s'y plier".

La naissance d'une nouvelle culture politique

Il est à espérer que le souffle républicain du 11 janvier nous ouvre de nouvelles perspectives citoyennes. "Car ce dont souffre l'immigration n'est rien d'autre que ce dont souffre, aujourd'hui, toute la société française : un manque de sens, d'idéaux auxquels croire et de sentiment d'appartenance à une nation commune fondée sur une communauté de valeurs", analyse Bernard Guetta dans Libération du 14 janvier.

A moins que nous refusions de nous examiner dans un miroir, de tenir compte de tous ces Français de la deuxième génération des immigrés qui ont su trouver avec talent leur place dans la société, et que nous préférions montrer du doigt un ennemi distant, faisant de ces jeunes Français des étrangers. Si les mouvements fondés sur les émotions courent toujours le risque d'être éphémères, ceux-ci témoignent sans doute de la naissance d'une nouvelle culture politique qui était en germe fin 2014. On a envie d'y croire.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 28/01/2015 à 21:11
Signaler
Évidemment! Nos responsables politico-économicos-socialistes vont encore nous faire le coup du vivre ensemble. Alors que nous savons, pas moi mais les statistiques, que la drogue qui se trouve dans toutes les "citées" vient de l'étranger, et beaucou...

à écrit le 23/01/2015 à 0:12
Signaler
le cœur est, dans et tout au long de la vie, un repère, un élémentaire, un partenaire, un univers, un mystère...et puis à bien y réfléchir, parfois contraint et sans conscience en contraire en colère... zen soyons, quel)le professeur)e ne déconstr...

à écrit le 22/01/2015 à 23:15
Signaler
Blabla. Les mêmes pyromanes qui n'ont de cesse de déconstruire nous expliquent aujourd'hui qu'il faut se serrer les coudes? Qu'ils commencent par s'occuper de leurs affaires ou de celles pour lesquelles on les a mandaté. Que les autres, la multitude...

à écrit le 22/01/2015 à 22:37
Signaler
Il faut croire à tout niveau de paraître, à toute science de reconnaître, à tout savoir de transmettre, à l'avènement des paroles et des actes du bien au nom d'une valeur commune pour vivre partout au delà d'une critique théorique objective et vivant...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.