Les valeurs bancaires plongent après la décision de Moody's sur le Portugal

Après la Grèce, la tempête souffle sur le Portugal. L'agence de notation Moody's a déclassé la dette souveraine à long terme de Lisbonne en catégorie spéculative. En Bourse, les valeurs bancaires en ont pâti.

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Alors que les grandes banques et compagnies d'assurance internationales se réunissent à nouveau ce mercredi à Paris pour discuter des modalités d'une participation du secteur privé à un second plan de soutien à la Grèce, Moody's vient de jeter de l'huile sur le feu de la dette souveraine en zone euro en dégradant la note souveraine à long terme du Portugal.

Dans le sillage de cette annonce, les valeurs bancaires qui avaient rebondi après le vote du nouveau plan d'austérité hellène la semaine dernière ont subi de forts dégagements. A la clôture BNP Paribas affichait un repli de 1,41%, Crédit Agricole (également impacté par le départ de son directeur financier)  de 4,88 %, Natixis de 3,51 % et Société Générale de 2,15 %.

L'agence de notation Moody's a abaissé mardi de quatre crans la note souveraine du Portugal de Baa1 à Ba2, avec perspective négative. La dette souveraine à long terme de Lisbonne se trouve donc désormais en catégorie spéculative ("junk"). Moody's est la première des trois grandes agences de notation à placer la note portugaise en catégorie spéculative. Standard & Poor's et Fitch évaluent le Portugal à BBB-, soit le dernier niveau de la catégorie investissement.

Cette décision est motivée par la crainte que Lisbonne ne soit pas en mesure d'atteindre ses objectifs en matière de réduction du déficit et de stabilisation de la dette, tels que définis dans l'accord d'aide financière conclu avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Selon Moody's, il existe en conséquence un risque croissant que le Portugal ait besoin d'un second plan d'assistance financière avant d'être en mesure de se financer lui-même sur les marchés internationaux.

La probabilité que Lisbonne ne parvienne pas à ramener ses coûts d'emprunt à un niveau lui permettant de se financer sans aide au deuxième semestre 2013 s'accroît également, ajoute l'agence.

Anthony Thomas, analyste chargé du Portugal chez Moody's, a indiqué à Reuters que "des preuves que le Portugal atteint ou dépasse ses objectifs de réduction du déficit" seraient un élément positif qui pourrait pousser l'agence à ramener sa perspective de négative à stable.
Mais il a également indiqué que cette perspective dépendrait largement de la participation que les pouvoirs publics européens demanderaient au secteur privé dans les programmes d'aide aux autres pays périphériques de la zone euro. Pour l'heure, cette participation se fait en principe sur la base du volontariat, dans le but de ne pas entraîner un "événement de crédit".

Selon Robert Tipp, responsable des investissements chez Prudential Fixed Income, la baisse de la note portugaise montre que la crise ne s'arrêtera pas à la Grèce, qui est sur le point de recevoir une nouvelle aide financière. "Une fois que ce sera réglé pour la Grèce, on passera à un autre pays, et selon toute vraisemblance la situation de la zone euro suivra ce schéma pour encore un ou deux ans, jusqu'à la stabilisation des perspectives financières à long terme de ces pays", a-t-il déclaré.

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Commentaire 1
à écrit le 06/07/2011 à 20:16
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On commence par se demander si les agences de notation ne sont pas le danger qui menace l'économie mondiale en semant la terreur et le harcèlement.

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