Les deux pieds dans le ciment Lafarge plonge ... en Bourse

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A l'occasion de la présentation de ses résultats semestriels, Lafarge n'a guère laissé espérer une hausse de ses profits en 2011, en raison de l'inflation de ses coûts et d'une moindre capacité à faire passer des hausses de prix, malgré la confirmation de ses anticipations de progression des volumes. Le titre a plongé.

Lafarge, qui a annoncé ce mois-ci la cession d'une grande partie de ses activités plâtres pour près d'un milliard d'euros afin de réduire son endettement, a fait état lors de la publication de ses résultats semestriels d'un recul plus marqué que prévu de son résultat opérationnel, lié à la hausse des coûts et aux effets de changes, et a prévenu que cela devrait avoir un impact sur la croissance des résultats de l'année.

Si le numéro un mondial du ciment, numéro deux mondial pour le béton, a confirmé son objectif d'un désendettement d'au moins deux milliards d'euros cette année, le marché a sanctionné le titre. A la clôture, l'action affichait une recul de 5,37 %, accentuant son plongeon annuel qui est dorénavant de 19,95 %.

Sur les six premiers mois, les ventes du groupe ont pourtant progressées de 3 % à 7,97 milliards d'euros. Mais le résultat  d'exploitation courant a chuté de 14 % à 926 millions d'euros. Il faut dire qu'au deuxième trimestre, Lafarge a réalisé un chiffre d'affaires stable à 4,416 milliards d'euros, et accusé un recul de 12% de son résultat opérationnel courant par rapport à la période correspondante de 2010 à 702 millions. La marge opérationnelle a ainsi reculé de 290 points de base à 15,9%.

Sur les trois derniers mois du semestre, le bénéfice net part du groupe est en baisse de 12% sur le trimestre à 289 millions et de 34% sur les six premiers mois de l'année à 260 millions. Les analystes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne à une stabilité du chiffre d'affaires au deuxième trimestre à 4,415 milliards et à un repli de 7,5% du résultat opérationnel courant à 773,6 millions d'euros.

"L'inflation des coûts et les effets de change pèsent sur les résultats et devraient avoir un impact sur la croissance des résultats de l'année", prévient le groupe dans un communiqué. Au cours d'une conférence téléphonique, le PDG, Bruno Lafont, a confirmé l'anticipation faite à l'issue du premier trimestre d'une hausse de 10% des coûts énergétiques sur 2011 et a dit s'attendre à une progression de 6% des coûts globaux.

Si le groupe a revu à la baisse les perspectives du marché nord-américain, anticipant désormais une évolution comprise entre -1% et 2% contre +1% à +4% précédemment, et ajusté celles de l'Amérique latine (+6% à +7% contre +7% à +10%) et de l'Asie (+4% à 7% contre +7% à 8%), en revanche, les perspectives pour l'Europe centrale et orientale ont été relevées entre +6% et +9% contre +3% à +6% précédemment. Mais grâce à la demande toujours forte dans les pays émergents, Lafarge a maintenu son anticipation d'une croissance de la demande de ciment comprise entre 2 et 5% en 2011 par rapport à 2010.

Soulignant lors d'une conférence avec les analystes que l'environnement est "actuellement plus difficile", le directeur général adjoint en charge des finances Jean-Jacques Gauthier a déclaré que les hausses de coûts auraient "clairement un impact sur les résultats" tout en soulignant l'impact favorable des volumes.

 

A la fin du premier trimestre, le groupe, qui ne donne pas de prévisions de résultats, s'était dit "bien positionné" pour réaliser une croissance de ses profits en 2011.

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