Les Bourses "n'achètent" plus les annonces politiques

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Le discours de Barack Obama a été accueilli vendredi dernier avec scepticisme sur les places boursières, tout comme les rebondissements au sein de la BCE. Le CAC40 a plongé de 3 %.

À l'instar de la tempête boursière de cet été, la rentrée est restée sous tension sur les marchés. Le bilan hebdomadaire du CAC 40 en témoigne : l'indice a dégringolé vendredi de 3,6 % pour afficher un repli de 5,5 % sur l'ensemble de la semaine. Depuis le début du mois, le CAC a ainsi perdu pas moins de 8,7 %. Surtout, il est repassé sous le seuil symbolique des 3.000 points (2.974,59 points à la clôture vendredi) au terme d'une semaine très politique. Démission du chef économiste de la BCE, inquiétudes à peine voilées de la Banque centrale européenne et de son président Jean-Claude Trichet sur l'état de santé de la zone euro, silence radio du président de la Fed sur sa stratégie à court terme ou encore feu vert de la Cour constitutionnelle allemande au plan d'aide à la Grèce. Les marchés n'ont eu de cesse d'être influencés par des annonces politiques. Sans grand succès. Le discours de Barack Obama sur l'emploi et la croissance jeudi soir l'a démontré : les indices boursiers ont sensiblement boudé les annonces du président américain. Les marchés ont-ils sombré dans un pessimisme absolu ou sont-ils seulement réalistes ?

Crise de confiance

Pour Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d'investissement chez Cholet Dupont, il s'agit de réalisme avant tout. « Les investisseurs savent que le plan Obama va devoir être compensé par une réduction des dépenses qui a de fortes chances d'entraîner un nouveau bras de fer entre républicains et démocrates ». Un avis partagé par Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets. « Le contenu du plan Obama est bien plus politique qu'économique, sans compter qu'il a de fortes chances d'être refusé au Congrès. Les marchés estiment donc qu'il restera lettre morte. » De fait, les politiques ont bien du mal à rassurer les investisseurs. Il est loin le temps où l'annonce du plan TARP pour le secteur financier américain, le 19 septembre 2008, avait fait bondir le CAC 40 de plus de 9 % ! « Nous sommes dans une vraie crise de confiance plus qu'une crise économique. Les marchés ne vont plus se contenter de promesses et attendent désormais des réalisations concrètes », estime Vincent Guenzi. Du concret qui vaut autant pour les États-Unis que l'Europe où les incertitudes règnent en maître autour de la question des dettes souveraines et de l'avenir politique de la zone euro (voir pages, 2, 3 et 4). Dans ce contexte, il devient bien difficile de sortir d'une position de grande prudence sur les actions à court terme. « S'il pourra y avoir des rebonds techniques liés à des effets d'annonces, le climat devrait rester à l'attentisme », note Vincent Guenzi.

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Commentaires
a écrit le 13/09/2011 à 10:13 :
Sarkozy voulait créer un Fonds souverain de la France et je ne le vois pas venir. A t-il peur que les citoyens français viennent réclamer les dividendes ?

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