Léger répit à la Bourse de Tokyo (+0,86%)

Après la nomination d'un gouvernement chargé des affaires courantes en Grèce, la Bourse de Tokyo reprend son souffle. Elle a terminé la séance de 0,86% ce jeudi.

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L'opportunisme semble de rigueur à Tokyo. Le Nikkei a terminé la séance de jeudi en hausse de 0,86% après une séance au plus bas depuis trois mois et demi mercredi,  A gagnant 75,42 points à 8.876,59 points. L'indice élargi Topix de tous les titres du premier tableau est monté plus nettement de 1,12%, grimpant de 8,28 points à 747,16 points. L'activité a été moyenne, avec 2,08 milliards d'actions échangées sur le premier marché. 

Accalmie temporaire en Grèce

La cote a été tirée par des investisseurs qui ont profité de prix bas à la faveur d'une certaine accalmie en Grèce. Après dix jours de tractations politiques infructueuses pour former un gouvernement de coalition, un exécutif "de service" a été nommé mercredi à Athènes pour expédier les affaires courantes et préparer un nouveau scrutin législatif. La poussée des adversaires de l'austérité inquiète les investisseurs. Nombre d'entre eux à travers le monde craignent une sortie de la Grèce de la zone euro.

Reste que le léger rebond observé jeudi à la Bourse de Tokyo apparaissait simplement technique à certains opérateurs qui craignaient de nouveaux troubles dans les semaines à venir, prévues agitées au sein d'une zone euro au bord de la récession. "Le marché est complètement focalisé sur la Grèce en ce moment et rien, pas même d'excellents chiffres de la croissance japonaise, ne peut changer son état d'esprit", a expliqué Nicholas Smith, courtier chez CLSA, cité par Dow Jones Newswires.

Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a augmenté de 1,0% au premier trimestre par rapport au précédent, a annoncé le gouvernement nippon juste avant l'ouverture de la Bourse. Cette croissance solide a été principalement due aux dépenses publiques de reconstruction du nord-est de l'archipel dévasté par le tsunami du 11 mars 2011 et aux fortes ventes de voitures peu gourmandes en carburant, encouragées par des subventions gouvernementales.

Valeur : l'électronique recherché

Les géants de l'électronique, en difficulté financière et laminés ces dernières semaines à la Bourse, ont fait l'objet de chasses aux bonnes affaires. Sony, dont le titre a récemment plongé à son plus bas niveau depuis 30 ans, a bondi de 3,85% à 1.161 yens, Panasonic de 3,48% à 565 yens et Sharp de 5,68% à 391 yens.

Les constructeurs automobiles ont également bénéficié de ce phénomène, mais dans une moindre mesure car ils sont tombés moins bas, leurs perspectives d'affaires étant meilleures: Toyota a gagné 1,45% à 3.145 yens, Nissan 3,32% à 777 yens et Honda 2,31% à 2.660 yens.

Les banques aussi ont repris quelques couleurs, après avoir chuté sur fond d'inquiétude quant au système financier: Mizuho Financial Group est monté de 2,58% à 119 yens et Sumitomo Mitsui Financial Group de 2,17% à 2.393 yens. Leur concurrente Mitsubishi UFJ Financial Group a aussi repris 2,03% à 351 yens, malgré l'ordre reçu d'un tribunal américain de geler quelque 2,6 milliards de dollars d'avoirs iraniens en lien avec un attentat anti-américain commis à Beyrouth en 1983.

Les compagnies d'électricité ont en revanche chuté de nouveau, à cause d'inquiétudes sur leur capacité à bien franchir l'été, une période habituelle de pic de consommation au Japon en raison de l'utilisation massive des climatiseurs. Tokyo Electric Power, chargée d'alimentation de la région de Tokyo, a cédé 2,94% à 165 yens et Kansai Electric Power (centre-ouest) 0,74% à 1.079 yens. Actuellement privées de tous leurs réacteurs 14 mois après l'accident de Fukushima, ces firmes doivent augmenter leurs importations d'hydrocarbures pour élever la production de leurs centrales thermiques, mais cela pourrait ne pas suffire. Les autorités envisagent de demander aux usagers de l'ouest industriel de réduire de 20% leur consommation de courant pour éviter d'avoir à couper ponctuellement l'électricité.

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