Alcatel-Lucent : UBS n'y croit plus...

Alcatel-Lucent ne trouve plus grâce aux yeux d'UBS. Le courtier helvète ne se prive pas pour le signaler en abaissant sa recommandation de « neutre » à « vendre » sur le dossier et porte par la même occasion son objectif de cours à 0,60 euro contre 0,90 euro dans une précédente note...

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UBS évoque plusieurs raisons à cette dégradation. Même si une amélioration semble poindre le bout de son nez sur le front de l'activité, le bureau d'études est davantage inquiet quant aux risques pesant sur le chiffre d'affaires du troisième trimestre. Des craintes qui sont justifiées aux yeux d'UBS par la baisse des investissements dans la téléphonie fixe en Europe et l'absence de reprise en Chine. Aussi, le courtier anticipe une perte plus importante au troisième trimestre à hauteur 92 millions d'euros, soit plus que le consensus de place qui table sur un résultat net négatif de 40 millions d'euros. Pour finir les récentes discussions de l'analyste avec Alcatel-Lucent suggèrent que le groupe devrait encore une fois vendre des actifs pour rembourser ses créanciers obligataires au détriment des actionnaires.

En conséquence, UBS abaisse ses projections pour l'exercice en cours, avec un EBIT négatif de -47 millions d'euros contre un bénéfice de 36 millions d'euros attendu précédemment, et un free cash flow qui devrait d'être dans le rouge sur le second semestre, malgré les anticipations du management. Le courtier a aussi abaissé ses prévisions d'EBIT pour 2013 et 2014 de 20 à 25% et indique qu'Alcatel-Lucent va continuer à consommer des liquidités.

Nuages noirs de la conjoncture

L'équipementier télécoms, a en effet essuyé une perte nette de 254 millions d'euros au second trimestre 2012, contre un bénéfice net de 43 millions d'euros, un an plus tôt. La perte d'exploitation ajustée s'est élevée à 31 millions d'euros alors que le groupe avait enregistré un bénéfice de 87 millions d'euros au deuxième trimestre 2011. Son chiffre d'affaires a reculé de 7,1% à 3,545 milliards d'euros. Alors, le groupe est contraint de tailler dans le vif pour limiter l'impact de la dégradation de la conjoncture économique. Comme les autres équipementiers télécoms, le groupe franco-américain est tributaire de la politique d'investissement des opérateurs de téléphonie. Ceux d'Asie et des Etats-Unis avaient indiqué en début d'année qu'ils allaient mettre en sommeil leurs dépenses pour les reprendre au second semestre avec notamment le développement de la 4G. Les efforts du groupe franco-américain pour se refaire une réputation auprès du Marché sont donc totalement annihilés alors qu'il avait retrouvé ses faveurs après une année 2011 marquée par une mise au vert des comptes, une première depuis la fusion en 2006. La « recovery » du groupe semblait être en marche pour devenir une entreprise « normale ». Mais elle a été ralentie par les nuages noirs qui s'amoncellent de plus en plus dans le ciel économique. Après cette nouvelle déconvenue sur le front des comptes, Alcatel-Lucent avait annoncé fin juillet dernier un nouveau plan d'économies qui passera en outre, par la suppression d'environ 5 000 postes. Ben Verwaayen a donc pris le taureau par les cornes et annoncé le plan « Programme Performance ». Ce programme sera destiné à accélérer la transformation du groupe avec 1,25 milliard d'euros d'économies à la clé d'ici la fin de l'année prochaine.

Une débâcle boursière

Sur le front boursier, le marché ne pardonne plus aucun faux pas de l'équipementier télécoms. Et celui annoncé en mi-juillet était celui de trop alors qu'Alcatel-Lucent renonçait à son objectif de marge opérationnelle ajustée pour l'ensemble de 2012 au vu de ses performances sur les six premiers mois de l'exercice et « compte tenu de l'environnement macro-économique difficile ». Dans la foulée de la publication de mauvais résultats semestriels, le titre de l'équipementier de téléphonie a même touché un plus bas historique à 0,79 euro en séance alors que le dernier plafond de l'action remontait au 6 mars 2009 à 0,906 euro. Depuis, le titre végète sous les 1 euro et devient officiellement une « penny stock. » Et pourtant, comme Vivendi, Alcatel-Lucent était une des valeurs stars des années 2000 avec un titre qui se traitait à quelques encablures des 100 euros, au zénith de la bulle internet... De ces temps bénis, il ne reste plus que des cendres, le titre ne vaut aujourd'hui moins de 1% de ce record vieux de 12 ans. Une débâcle boursière plus de 10 années qui a été alimentée par des publications plus décevantes les unes que les autres... L'action avait tenté une timide reprise en début d'année mais sans pouvoir parvenir à s'affranchir du seuil des 2 euros.

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Commentaires 2
à écrit le 16/10/2012 à 22:59
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A-t-on fait le bilan financier et humain des actions de tous ces brillants PDG de grandes entreprises, depuis les années 80, qui ont été le malheur de leur entreprise, de ceux qui y travaillaient, des contribuables? Du Crédit Lyonnais à Alcatel, d...

à écrit le 03/10/2012 à 20:56
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Il faut toujours se méfier des courtiers. Quand ils affirment haut et fort leur méfiance à l'égard d'une valeur, ça signifie que leurs gros clients sont acheteurs de cette valeur. Inversement, quand ils recommandent une valeur à l'achat, ça signifie ...

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