Havas s'envole en Bourse après l'annonce du rapprochement avec Vivendi

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L'idée d'un rapprochement entre les deux groupes faisait saliver les marchés depuis que Vincent Bolloré avait déclaré aux Echos en mai 2016 qu'il était évident qu'un jour il y aurait quelque chose entre Vivendi et Havas.
L'idée d'un rapprochement entre les deux groupes faisait saliver les marchés depuis que Vincent Bolloré avait déclaré aux Echos en mai 2016 qu'il était "évident qu'un jour il y aurait quelque chose entre Vivendi et Havas". (Crédits : Reuters)
À la Bourse de Paris, Havas affichait la plus forte hausse du SBF120 et Vivendi du CAC40. Vivendi a annoncé hier avoir fait une offre au groupe Bolloré pour le rachat de sa participation de 59,69% dans Havas, sixième groupe publicitaire mondial, concrétisant un projet évoqué à plusieurs reprises par l'entrepreneur breton ces derniers mois.

Le Groupe Bolloré rapproche ses intérêts pour bâtir un géant des contenus et de la communication. Le géant des médias Vivendi, dont le premier actionnaire est Bolloré, veut acquérir la participation de 60% du groupe Bolloré dans le groupe de publicité Havas, dont le premier actionnaire est également Bolloré, ont annoncé les deux sociétés jeudi.

Dans un communiqué, Vivendi a annoncé avoir fait une offre au groupe Bolloré pour le rachat de sa participation de 59,69% dans le sixième groupe publicitaire mondial, concrétisant un projet évoqué à plusieurs reprises par l'entrepreneur breton ces derniers mois. Le propriétaire de Canal+ et Universal Music Group propose un prix de 9,25 euros pour les actions Havas, valorisant la participation de Bolloré à 2,36 milliards d'euros.

Vivendi précise que l'offre se ferait au prix de 9,25 euros par action, ce qui valorise Havas à 3,881 milliards d'euros, contre une capitalisation  de 3,554 milliards à la Bourse de Paris à la clôture de jeudi, soit une prime de 8,8%. L'opération serait "financée par le recours à sa trésorerie disponible", ajoute-t-il.

"Nos groupes évoluent dans un univers commun, certaines de nos équipes se connaissent déjà, et nos cultures se ressemblent et se complètent", a expliqué dans un mail à ses salariés le PDG d'Havas Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré.

Vendredi matin vers 9h17, le cours de l'action Havas s'envolait dans les premiers échanges de 10,51% pour atteindre 9,36 euros soit plus que l'offre de Vivendi et prenait ainsi la tête du SBF 120. Vivendi s'affichait quant à lui en tête du CAC 40 (+4,02%, à 19,13 euros), tandis que Bolloré prenait 2,08%, à 4,03 euros.

Havas devrait rester coter

En cas de réalisation de l'acquisition, Vivendi déposera une offre publique d'achat simplifiée sur le solde du capital de Havas au même prix. Vivendi précise toutefois qu'il ne vise pas à retirer Havas de la cote. Le groupe espère conclure la transaction d'ici fin juin-début juillet.

L'idée d'un rapprochement entre les deux groupes faisait saliver les marchés depuis que Vincent Bolloré avait déclaré aux Echos en mai 2016 qu'il était "évident qu'un jour il y aurait quelque chose entre Vivendi et Havas".

Une telle alliance fait sens du point de vue de l'analyse des comportements des consommateurs, des technologies bien maîtrisées par les publicitaires et qui peuvent être très utiles pour les activités de Vivendi.  Certains analystes ont néanmoins émis des doutes sur l'intérêt stratégique d'une telle opération, pointant par ailleurs les risques de conflit d'intérêt pour Havas, qui conseille des concurrents de Canal+ notamment. D'autres ont pointé la singularité d'une opération qui verrait Vivendi, contrôlé de fait par Vincent Bolloré et ses 29% des droits de vote, racheter les parts de ce dernier dans sa filiale.

(avec Reuters et AFP)

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a écrit le 12/05/2017 à 11:48 :
Il est fort probable que telecom italia achete Bouygues telecom au prix fort. Ce serait alors les italiens qui paieraient le surcout tandis que Vivendi aurait un nouveau tuyeau de diffusion pour sa production. Pour aider a cette prise T.I va vendre sa branche production a Vivendi.
Comme on l aura compris c est Bouygues qui reprendrait la participation importante de Vivendi dans l italien Mediaset si les autorites locales exigeaient une vente pour cause de trop de concentration. Le francais fera une OPA car il en a la taille et Berlusconi sera soit piege dans une entreprise sortie de Bourse soit actionnaire minoritaire de Bouygues. Des actifs seront alors cedes, dans la logique du deal la moitie, a T.I toujours en pointe pour vider ses caisses pour le compte des francais. Vivendi fera certainement realiser un autre achat important a T.I avant de se decider a lancer une offre d echange au prix du marche. Cette strategie d evidence permet a Vivendi de retrouver un important biais de diffusion en France ce qui lui manque et a Bouygues de se renforcer sur ses metiers avant d envisager de traiter un nouveau dossier : Lagardere. Les italiens en feront les frais.

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