La Bourse de Paris minée par les incertitudes géopolitiques et le plongeon des Techs à Wall Street

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La chute du Dow Jones Industrial Average, le vendredi 26 octobre, sur un écran de contrôle du New York Stock Exchange (NYSE), à New York.
La chute du Dow Jones Industrial Average, le vendredi 26 octobre, sur un écran de contrôle du New York Stock Exchange (NYSE), à New York. (Crédits : Reuters)
Après une ouverture en baisse, la cote parisienne a creusé ses pertes jusqu'à passer sous le seuil des 4.900 points en enregistrant son niveau le plus bas en séance (4.899,26 points) depuis le 1er mars 2017. La Bourse de Paris a clôturé sur un net recul (-1,29%), lestée par la dégringolade de Wall Street, alors que des résultats jugés décevants outre-Atlantique ont renforcé l'aversion au risque des investisseurs, dans un climat déjà lourd d'incertitudes.

[Article publié le vendredi 26 otobre 2018 à 17h27, mis à jour à 17h54 avec clôture de la Bourse de Paris]

La Bourse de Paris, en proie à une forte volatilité, reculait nettement vendredi à la mi-journée (-1,94%), coupant court au rebond de la veille, face à de nombreux sujets géopolitiques en suspens et à des résultats américains jugés décevants. Après une ouverture en baisse, la cote parisienne a creusé ses pertes jusqu'à passer sous le seuil des 4.900 points en enregistrant son niveau le plus bas en séance (4.899,26 points) depuis le 1er mars 2017. A 13H30 (11H30 GMT)  l'indice CAC 40 perdait 97,56 points à 4.934,74 points.

En fin de journée vendredi (17H42 heure de Paris), la Bourse de Paris a clôturé sur un net recul (-1,29%), lestée par la dégringolade de Wall Street, alors que des résultats jugés décevants outre-Atlantique ont renforcé l'aversion au risque des investisseurs, dans un climat déjà lourd d'incertitudes. La perte de l'indice CAC 40 était finalement de 64,93 points à 4.967,37 points, dans un volume d'échanges très élevé de 5,3 milliards d'euros. La veille, il avait fini sur un rebond de 1,60%.

Les marchés américains tous dans le rouge

Les marchés américains se préparaient de leur côté à ouvrir également dans le rouge. Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average se repliait de 0,77%, celui de l'indice élargi S&P reculait de 1,02%, tandis que celui du Nasdaq, à dominante technologique, régressait de 1,91%.

"Les marchés européens des actions ont enduré un nouvel épisode important de ventes. Les contrats à terme américains ont plongé durant la nuit à la suite des révisions de deux géants de la tech, Amazon et Alphabet, et les répercussions se sont étendus au monde", a commenté David Madden, analyste pour CMC Markets.

Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, a lui souligné :

"Aux Etats-Unis, les bons résultats de Microsoft, Tesla ou Twitter n'ont pas permis d'occulter après Bourse ceux d'Amazon et Alphabet, maison mère de Google, qui, après avoir présenté des prévisions inférieures aux attentes des analystes malgré des résultats trimestriels meilleurs que prévu, sont venus tout anéantir après la clôture américaine."

Les géants de la tech Amazon et Alphabet secoués à Wall Street

Deux stars des valeurs technologiques à la Bourse de New York, Amazon et Alphabet, la maison mère de Google, étaient chahutées vendredi après des résultats trimestriels jugés décevants, qui ont ravivé les interrogations sur un possible plafonnement de la croissance du secteur.

Vers 14H05 GMT, l'action d'Amazon perdait 8,08% à 1.639,21 dollars. Elle avait grimpé de plus de 7% la veille lors d'une séance marquée par un rebond généralisé des valeurs technologiques.

Si la tendance se poursuit jusqu'à la clôture, Amazon perdra à l'occasion sa place de deuxième capitalisation boursière à Wall Street, au profit de Microsoft.

Le titre d'Alphabet perdait 3,74% à 1.062,27 dollars.

Les actions des deux groupes étaient fragilisées pour des raisons différentes.

Amazon a vu son bénéfice net exploser au troisième trimestre mais ses prévisions pour les fêtes de fin d'année, traditionnellement fastes pour le groupe, ont été jugées décevantes.

Le chiffre d'affaires, en hausse de 29% à 56,6 milliards de dollars, a aussi fait un peu moins bien qu'attendu. Les investisseurs ont aussi été refroidis par "la décélération de la croissance du chiffre d'affaires tiré de l'informatique dématérialisée", ou "cloud", devenue sa vache à lait, selon Patrick O'Hare de Briefing.

Alphabet, la quatrième capitalisation boursière à Wall Street, a aussi dégagé des bénéfices meilleurs que prévu.

Mais les investisseurs accueillaient fraîchement le chiffre d'affaires inférieur aux attentes et la forte hausse des dépenses.

Surtout, "le coup dur pour l'ensemble du marché est que les résultats décevants de ces entreprises de premier plan (et largement détenues par les investisseurs) alimentent les inquiétudes sur la possibilité que leur croissance ait atteint un pic, hypothèse qui secoue les courtiers depuis le début du mois", a estimé M. O'Hare.

Traditionnel moteur de la hausse des indices ces dernières années, les valeurs technologiques sont en effet malmenées depuis quelques semaines.

Ainsi le site de vidéos en ligne Netflix, dont les résultats le 16 octobre avaient été salués à Wall Street par une hausse de plus de 6%, a depuis perdu 14,2%.

En zone euro, incertitudes sur de nombreux sujets géopolitiques

Selon Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque, "rien n'est encore gagné tant que les nombreux sujets géopolitiques n'auront pas trouvé d'issue favorable", tels que le dossier italien, le Brexit ou encore le conflit commercial.

En zone euro, après la confirmation jeudi de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, l'attention sera portée surtout sur le verdict de S&P Global Ratings quant à la note de l'Italie, qui a déjà été dégradée la semaine dernière par Moody's.

L'agenda était étoffé avec de nombreuses nouvelles données macroéconomiques ainsi que la suite des publications de résultats d'entreprises.

En France, la confiance des ménages français est restée quasi stable en octobre, après avoir atteint le mois dernier son plus bas niveau depuis avril 2016, selon l'Insee.

En Allemagne, le moral plutôt élevé des consommateurs devrait se stabiliser en novembre en dépit des inquiétudes liées aux tensions commerciales et au Brexit, selon l'étude mensuelle de l'institut GfK.

Aux Etats-Unis, les investisseurs espéraient être rassurés par la première estimation de la croissance du PIB pour le 3e trimestre.

Plongeon des équipementiers automobiles

Les équipementiers automobiles poursuivaient leur descente aux enfers. Valeo s'écroulait de 20,52% à 23,74 euros, après un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre qui l'a contraint à abaisser à nouveau ses objectifs.

Faurecia chutait de 8,87% à 38,24 euros après avoir annoncé son intention de racheter le spécialiste des systèmes de navigation automobile japonais Clarion pour environ 1,1 milliard d'euros.

Mastodonte du CAC 40, Total régressait de 3,08% à 49,82 euros, à l'instar de tout le secteur pétrolier face à la baisse des prix du pétrole vendredi, et en dépit d'une hausse de de 45% de son bénéfice à 4 milliards de dollars.

Amundi reculait de 4,86% à 52,08 euros, le poids lourd mondial de la gestion d'actifs ayant réalisé des bénéfices inférieurs aux attentes sur le troisième trimestre tout en maintenant ses objectifs à horizon 2020.

SEB perdait 9,86% à 125,30 euros après avoir abaissé jeudi son objectif annuel de bénéfice opérationnel d'activité, invoquant un environnement "globalement plus difficile".

Ipsos coulait de 10,13% 23,06 euros, après le recul de 1,4% de son chiffre d'affaires à 427,9 millions d'euros au troisième trimestre, qu'il a mis sur le compte d'une transformation interne en cours et de l'acquisition de divisions de l'institut allemand GfK.

Altran et Saint-Gobain, les rescapés qui tirent leur épingle du jeu...

Parmi les quelques valeurs en hausse, Saint-Gobain s'arrogeait 0,43% à 31,69 euros après avoir confirmé jeudi son objectif de hausse du résultat opérationnel en 2018 après des ventes trimestrielles en progression.

Altran s'envolait quant à lui de 12,15% à 7,71 euros après avoir enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 37,3% au troisième trimestre, grâce à l'intégration dans ses comptes du groupe américain Aricent et à une croissance organique de 10,4%.

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a écrit le 27/10/2018 à 11:02 :
Pas étonnant, les marchés USA sont nerveux et donnent le ton, dans un contexte de hausse des taux et de politique moins favorable aux nouvelles technologies et aux échanges mondiaux.
Ceci dit, si l'on regarde plus précisément, il est reproché à Amazon de réaliser "seulement" 30 % de progression du CA au 3e trimestre et à Google de réaliser "seulement" un bénéfice net de 9,19 milliards au 3e trimestre.
https://www.capital.fr/entreprises-marches/wall-street-plombee-par-amazon-et-google-chute-a-louverture-1313093

Le problème c'est qu'en Europe et en France notamment, on n'a pas réellement profité de ces périodes fastes. Les raisons et les freins sont multiples, en partie compensés par des niveaux de productivité parmi les plus élevés au monde.
Bien vu sur les problèmes géopolitiques.
Hors cycles et choix économiques, les conflits géopolitiques commencent aussi à gripper l'ensemble et à jeter un doute sur les marchés. On comprend les inquiétudes, c'est probablement le pire des maux, car il n'y a pas de déroulement rationnel ou provisionnel à la chose. Tout justes des expressions d'egos, de menaces et de rapports de force, parfois générés par ceux là même qui prétendent les combattre.
Inquiétant pour la suite.
a écrit le 27/10/2018 à 10:53 :
La bourse commence à devenir un très mauvais placement.

:-)
a écrit le 26/10/2018 à 23:02 :
Les niveaux de valorisation atteints par les GAFAM sont sans commune mesure avec nos propres valeurs européennes mais quand elles s’enrhumment nous on attrape une bonne grippe et on reste couchés pendant des mois.
a écrit le 26/10/2018 à 17:56 :
l effet trump ; vous avez voulu l avoir et bien american first contre la chine et qui trinque l Europe !!!
a écrit le 26/10/2018 à 17:54 :
Je ne pense pas que l’origine est la géopolitique.
L’erreur vient du fait à mon sens , des valeurs volatiles et virtuelles comme l’iTech sont mélangées avec des valeurs réelles comme les autres entreprises, comme le monopole à été donné économiquement aux licornes, celle ci entraînent tous les autres vers le bas d’où l’intérêt de «  créer » une bourse mondiale unique pour les start- up pour «  maîtriser «  mieux l’économie et la crise mondiale à tous les niveaux.

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