Rafale : les 3 défis majeurs de la sous-traitance

Mikaël Lozano

Mikaël Lozano
Combien d'embauches chez Dassault Aviation directement liées aux deux contrats à l'export du Rafale ? Pour l'instant, l'avionneur ne s'est hasardé à aucune projection. Et pour cause : le contrat industriel avec l'Inde n'a pas été signé. De plus, la question de l'installation d'une ligne d'assemblage en Inde n'est toujours pas tranchée avec certitude. La prudence est donc de mise, chez l'avionneur mais aussi chez la plupart des acteurs de l'aéronautique et de la Défense aquitains.
Au plan industriel, la vente des appareils à l'Egypte en février ne changeait pas grand-chose à l'affaire. Elle était surtout rassurante pour les effectifs de la chaîne d'assemblage de Mérignac (33), pour les partenaires principaux de Dassault Aviation que sont Thales et Safran (via Snecma qui développe et produit le moteur du Rafale, Messier-Bugatti-Dowty pour les trains, roues et freins, Labinal pour l'ensemble des harnais électriques...), et pour toute la chaîne de sous-traitance (supply chain) composée d'environ 500 entreprises.
Mais avec la signature attendue de l'Inde, preneuse de 36 appareils "sur étagère", autrement dit prêts à voler et sortant de l'usine de Mérignac, la donne pourrait changer. Pour l'heure, rappelons-le, tout cela reste de la théorie tant que le contrat n'est pas signé. De plus, la loi de programmation militaire 2014-2019 et son financement génèrent d'autres inconnues. La LPM prévoyait déjà la production sur cette période de 66 Rafale : 40 pour l'export et 26 pour l'Armée française. Avec l'Inde plus l'Egypte, les 40 y sont. Tout dépendra maintenant des exigences de livraison des clients étrangers, de celles de l'état-major français, et bien sûr des autres contrats qui pourraient tomber maintenant que la pompe est amorcée. Si ces planètes s'alignent, voici les trois principaux enjeux de la supply chain.
Bruno Heuclin, directeur de Bpifrance en Aquitaine, l'a confirmé lors de la présentation du bilan régional 2014 de la banque publique d'investissement : "Les contrats Rafale vont se traduire par des besoins de financement court terme importants." Sa structure se dit prête à accompagner les sous-traitants mais son appui seul ne suffira pas.
Alexandre Le Camus, secrétaire général de l'Union des métiers et industries de la métallurgie (UIMM) Aquitaine, se montre mesuré tant que Dassault n'a pas communiqué sur ses cadences.
C'est effectivement un réel défi : faire grossir les PME et PMI, les transformer en robustes entreprises de taille intermédiaire (ETI) dialoguant au plus près avec les donneurs d'ordre. Ventana est, à ce titre, un exemple à suivre : le groupe béarnais voit son activité et ses effectifs (450 salariés fin 2014) exploser.
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