"2016 ne sera pas un nouveau 2008" déclare à Bordeaux le gouverneur de la Banque de France

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Le tout Bordeaux de la finance, du monde de l'entreprise et de l'économie, avec des banquiers, comme Jack Bouin, directeur général du Crédit agricole Aquitaine et Jean-François Paillissé, président du directoire de la Caisse d'épargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC), au courtier en assurances Stéphane Allard, DG de Filhet-Allard & Cie, en passant par les présidents des conseils de l'ordre des experts comptables (Alexandre Salas-Gordo) et des commissaires aux comptes (Philippe Lafargue) s'était donné rendez-vous hier soir à l'hôtel Mercure de la Cité mondiale.
Au beau milieu de ces dirigeants se trouvaient Virginie Calmels, adjointe (LR) au maire de Bordeaux, vice-présidente de Bordeaux Métropole, et Alain Rousset, président (PS) de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, qui ne se sont pas privés d'échanger avec les participants.
Tous étaient là pour accueillir le nouveau gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. Ce dernier, qui était à Francfort (où se trouve le siège de la Banque centrale européenne) le matin même, a avoué qu'il n'était pas mécontent d'être à Bordeaux en ce début de soirée, évoquant de façon sibylline une matinée européenne sans doute éprouvante.
Le gouverneur a livré son analyse sur l'évolution économique sans oublier de remercier -pour le travail accompli-, Jean-Claude Bach, qui part à la retraite et sera ainsi le dernier directeur régional de la Banque de France en Aquitaine, et de présenter son successeur, Patrick Berger, qui arrive de Toulouse après une carrière marquée par l'international (Arabie Saoudite, Russie, Autriche, Amérique latine), qui va occuper à Bordeaux le fauteuil de premier directeur de la Banque de France de la région Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes.
Une façon de répondre aux prophètes de mauvais augure qui voient arriver une nouvelle crise financière, que pourrait déclencher l'éclatement d'une bulle financière.
Cette inquiétude, qui vise en premier lieu la politique de la création accélérée de monnaie, développée pendant des années par la banque centrale des Etats-Unis, la Fed, sert aussi de critique à la stratégie financière accommodante menée par le patron de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi qui, en gonflant la masse monétaire par le rachat de dette souveraine, entend lutter contre le risque de déflation.
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"L'inflation est très basse. Nous ne cherchons pas une inflation à zéro pourcent : ce n'est pas ça la stabilité", a confirmé le gouverneur de la Banque de France.
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François Villeroy de Galhau a adressé un satisfécit aux banquiers, en rappelant que "globalement le système bancaire français a bien fait son travail, avec une augmentation de + 4 % des encours de crédit aux entreprises", créant ainsi une situation de financement "globalement très favorable", même si des marges d'amélioration existent encore. Bref, le nouveau gouverneur de la Banque de France s'est montré très préoccupé par les attentes des entreprises et optimiste quant à l'avenir.
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