MEDEF et CGPME unis pour prendre la nouvelle CCI Bordeaux-Gironde

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
C'est confirmé : Jean-François Clédel, dirigeant d'Ingeliance et patron du Medef de la Gironde, sera candidat en décembre à l'élection à la présidence de la Chambre de commerce et d'industrie régionale (CCIR) de la Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes). Tandis que Pierre Goguet, président sortant de la CCI de Bordeaux, sera candidat à la présidence de la future CCI Bordeaux-Gironde (CCIBG) : un changement dû à la fusion des CCI de Bordeaux et Libourne. Ces décisions ont été officiellement annoncées ce vendredi matin dans les locaux de la CCIB lors de la présentation de la liste commune CGPME-Medef pour les élections consulaires, qui auront lieu du 20 octobre au 2 novembre prochains. Encore faut-il rectifier puisque la CGPME (Confédération générale des PME) vient d'être transformée en Confédération des PME, d'où le nouvel acronyme de CPME.
"J'ai souhaité franchir le pas, quand Pierre Goguet est venu me chercher. J'ai dit oké parce que Libourne rejoint Bordeaux et la Gironde, c'est important. On est plus fort ensemble" a expliqué Marc Prikazsky, PDG de Ceva santé animale, un des leaders mondiaux de la pharmacie vétérinaire et l'un des 12 élus libournais à rejoindre la CCI de Bordeaux-Gironde, avec Philippe Dizier, directeur général de la Fonderie du Bélier.
La CCIR de la Nouvelle-Aquitaine comptera 83 sièges, dont 24 réservés aux élus de la CCI Bordeaux-Gironde (CCIBG), pour un total de plus de 50 % réservé aux 6 CCI de l'ancienne Aquitaine.
Une philosophie sur laquelle a fortement insisté le représentant de la CPME, Serge Marcillaud.
Avec 30 femmes sur 80 sièges à l'élection à la CCIBG le changement est en marche, mais la parité pas pour tout de suite. Côté alliance, la CPME détient 20 sièges sur 80, et personne dans cette coalition n'a encore connaissance de l'existence d'une liste concurrente. Le rajeunissement et la féminisation de la liste ont provoqué l'éviction de certains candidats qui n'ont pas apprécié. Mais officiellement il n'y a pas encore de liste de revanchards prêts à s'attaquer à cette union CPME-Medef en Gironde.
L'ambiance est un peu différente au niveau de la Nouvelle-Aquitaine puisque le président de la CCIR de Poitou-Charentes, Daniel Braud, président de la CCI d'Angoulême (Charente), a annoncé qu'il serait lui aussi candidat à la présidence régionale, lors du scrutin de décembre. Un antagonisme que le Périgourdin Serge Marcillaud, très au fait du sentiment anti-bordelais dans les territoires, ne juge pas vraiment productif.
Quoi qu'il en soit, le nouveau siège de la CCIR de Nouvelle-Aquitaine se trouvera place de la Bourse, à Bordeaux, mais sur le côté opposé à celui où est installée la CCIB.
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Un autre débat, aux conséquences autrement plus lourdes, est en train de confirmer son émergence : celui de l'expertise économique. Virginie Calmels, chef de file de la droite aux dernières élections régionales, avait clairement annoncé sa volonté de confier l'action économique aux CCI si elle était élue à la tête de la Région. Une stratégie fermement combattue par son concurrent socialiste, Alain Rousset, finalement élu président de la nouvelle région. Alors que la CCIB a contractualisé un accord de ce type avec Bordeaux Métropole, les CCI se tournent désormais vers les autres collectivités locales qui détiennent une compétence économique, pour contractualiser avec ces dernières. Ce qui serait déjà le cas à Brive (Corrèze). Une concurrence qui risque de raviver les conflits de légitimité entre les pouvoirs politique et économique. Ce qui rend peut-être Pierre Goguet ambitieux : il compte ainsi sur un taux de participation de 25 % à cette élection consulaire, contre 14 % lors du dernier scrutin...
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