Pour la startup charentaise Elicit Plant, l'allongement de la guerre en Ukraine n'a pas été un frein pour développer ses activités. Bien au contraire. La jeune pousse de l'agritech, qui développe un produit réduisant les besoins en eau des cultures, dispose d'un bureau à Kiev où officient trois commerciaux depuis un peu plus d'un an. « Ils veulent absolument rester là-bas pour aider leur pays et développer le business » relaie Aymeric Molin, co-fondateur d'Elicit Plant.
Comme beaucoup d'Ukrainiens, les trois salariés ont rapidement appris à vivre dans le contexte de la guerre. « Les habitants voient d'un bon œil qu'on se développe en Ukraine et qu'on participe à maintenir l'activité. Les agriculteurs ukrainiens ont besoin de produire, d'exporter pour alimenter leur économie et avoir une vie un peu plus normale » abonde-t-il encore. Le travail comme moyen de penser à autre chose qu'à la tragédie humaine qui a cours depuis un an. Et qui permet aussi de se développer sur un marché à un moment très opportun.
Au début de la guerre, Elicit avait fait livrer l'équivalent de 200.000 euros de son produit innovant en cadeau aux agriculteurs ukrainiens. Qui le lui ont bien rendu, puisqu'une commande de 15.000 litres est prévue pour avril. Désormais, le marché ukrainien représente 10 % du chiffre d'affaires de la startup charentaise. Les trois commerciaux continuent donc à démarcher des agriculteurs. Vinnytsia, Dnipro, Kharkiv : ils n'hésitent pas à s'approcher au plus près des terrains d'affrontement. « Ils me disent : « Ne t'inquiète pas, on est du bon côté de la ville ! » Je leur réponds : « Ok, je vois que vous êtes à 50 kilomètres du front, ça me rassure » ironise-t-il.