Il y a un an jour pour jour, il nous promettait dur comme fer au téléphone qu'il n'y aurait pas d'invasion russe. L'avenir lui a donné tort. « Comme beaucoup, on s'est trompés, admet Pascal Boiteux, de passage quelques jours au Pays basque cette semaine. Aujourd'hui, on ne comprend pas comment on va arriver à solutionner cette guerre. Les Ukrainiens ne veulent pas que la guerre s'arrête. Ils sont prêts à aller jusqu'au bout pour qu'il n'y ait plus aucune agression de la Russie dans le futur. » Le souvenir de l'Holodomor, la grande famine de 1933 orchestrée par Staline qui a fait des millions de morts en Ukraine reste vivace. « Ce que je ressens très fort au niveau de la population, assure le Français, c'est qu'ils ne veulent pas d'un cessez-le-feu, mais vraiment mettre la Russie à terre pour qu'elle ne recommence pas et que leurs enfants puissent vivre en paix. »
Le Français reconnaît que la vie à Kiev en temps de guerre n'a rien à voir avec la situation sur le front de l'est, dans le Donbass. À part des coupures de chauffage et d'électricité, et quelques alertes sérieuses, la capitale a été relativement épargnée. « Plusieurs bombes sont tout de même tombées à 800 mètres de chez moi, témoigne-t-il, à côté du marché de Lukyanivka. Là où j'habite, les Russes ont visé trois fois de suite en l'espace de deux ou trois mois une ancienne usine d'armement du temps de l'Union soviétique mais qui a disparu depuis. Quand on est rentrés en France en voiture, des missiles nous ont survolés.» Même au début de l'invasion russe, une partie des restaurants de Kiev sont toujours restés ouverts pour nourrir les soldats ukrainiens et les civils venus les aider à arrêter les espions et les terroristes russes.