Le dernier plan pour l'eau avant la fin des glaciers des Pyrénées

Pierre Cheminade
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Le glacier d'Ossoue dans le massif du Vignemale (Hautes-Pyrénées), à 3.000 m d'altitude, en août 2021.
PC / La Tribune

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Le glacier d'Ossoue dans le massif du Vignemale (Hautes-Pyrénées), à 3.000 m d'altitude, en août 2021.
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La préfecture de Gironde a levé ce vendredi 11 octobre les mesures restreignant l'usage de l'eau après l'abondante pluviométrie de ces derniers mois. Une annonce contre-intuitive alors que le bassin versant Adour-Garonne, qui englobe 26 départements de Nouvelle-Aquitaine, d'Occitanie et d'Auvergne, sera l'un des territoires les plus exposés aux impacts du dérèglement climatique dans les années à venir. La fonte accélérée des glaciers pyrénéens, qui ont déjà perdu 78 % de leur superficie en 25 ans, la sécheresse et les incendies de 2022 ou encore les inondations dévastatrices en vallée d'Aspe de septembre dernier marquent en effet progressivement les esprits.
« Il faut le dire clairement : ce programme 2025-2030 est le dernier plan de l'Agence de l'eau avant la disparition des glaciers des Pyrénées », assène ainsi Pierre-André Durand. Le préfet coordinateur du bassin Adour-Garonne pointe l'inquiétant effet de ciseaux qui se profile : « Nous allons accueillir 1,5 million d'habitants en plus sur le bassin alors même que le débit des principaux cours d'eau devrait diminuer de -20 à -40 % et les précipitations jusqu'à -30 % ce qui augure, si rien n'est fait, d'un déficit de 1,2 milliard de m3 d'eau en 2030, contre 250 millions actuellement ! »
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L'accès à l'eau constitue, de fait, un enjeu politique croissant et la situation, déjà critique aujourd'hui, le sera encore davantage demain si rien n'est mis en œuvre. L'objectif est donc d'aller chercher 850 millions de m3 dans les six prochaines années en mobilisant différents canaux : économies d'eau, récupération d'eaux pluviales, développement de l'agroécologie, soutien à l'étiage, développement des barrages et réutilisation des eaux usées. Ce dernier levier, désormais autorisé, se traduira par le déploiement de 200 projets d'ici 2050 pour réutiliser 60 millions de m3 d'eau par an pour des usages agricoles. 260 points de captage d'eau potable doivent également être mieux protégés.
Pierre Cheminade
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