À compter du 1er juin, et pendant cinq mois, les Toulousains paieront leurs mètres cubes d'eau potable 42% plus chers qu'actuellement. Mais la mise en place de cette tarification saisonnière sur la métropole fait débat entre les élus locaux. Certains militent pour une tarification progressive face à la raréfaction de l'eau. Les détails.«C'est une véritable connerie... ! Bien sûr, il faut inciter les consommateurs à changer leur comportement mais pas en faisant ça», lâche un professionnel du secteur de l'eau de premier plan.
Hasard du calendrier, les professionnels de la filière étaient réunis à Toulouse la semaine dernière à l'occasion du salon Cycl'eau, les 27 et 28 mars. Pendant deux jours, il est ainsi certain que la future tarification saisonnière de l'eau sur Toulouse et sa métropole ont été au cœur des échanges.
Réunis en conseil métropolitain ce jeudi 4 avril, les élus des 37 communes de la métropole ont approuvé la future tarification saisonnière de l'eau potable à Toulouse. Concrètement, son prix, au mètre cube, va augmenter de 42% du 1er juin au 31 octobre et diminuer de 30% du 1er novembre à la fin du mois de mai.
« Un foyer qui ne fait aucun effort particulier pour réduire sa consommation paiera le même montant car la baisse de l'hiver compensera la hausse de l'été. A contrario, un foyer qui ne fait pas attention à sa consommation l'été, quand la ressource en eau se fait plus rare avec une Garonne à un débit plus faible, verra sa facture gonfler », résume Robert Médina, le maire de Mondouzil et vice-président de Toulouse Métropole, chargé de l'eau et de l'assainissement.
Selon des estimations de Toulouse Métropole, une consommation de 120 mètres cubes par an pour un foyer de trois personnes, facturée 400,50 euros, coûtera désormais 401,10 euros. Un autre foyer de trois personnes, avec piscine et jardin et donc une consommation plus forte l'été pour un total de 250 m3, verra sa facture croître de plus de 83 euros.
« On entre dans une période de "boboétisation" de l'eau. Ils veulent cibler ceux qui ont des piscines. Ce n'est pas cela qui changera les choses. On se rend enfin compte que l'eau n'est plus une ressource illimitée... », poursuit ce dirigeant du secteur.
Faut-il attendre 2025 pour instaurer cette mesure ?
Dans une période d'inflation, cette mesure pourrait être celle de trop pour les Toulousains, alors que les premières manœuvres politiques en vue des prochaines élections municipales de 2026 ont débuté.