Drones : « avec une ribambelle de petits acteurs français, on ne sera pas taillé pour les marchés »
Maxime Giraudeau
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Le marché mondial des drones doit exploser dans les prochaines années, en particulier dans le secteur défense.
WANA NEWS AGENCY
Les marchés vont exploser mais il faudra être bien plus organisé qu'aujourd'hui pour y répondre. Voilà en substance le défi annoncé pour la filière française du drone, encore en quête de structuration industrielle. Alors que la guerre en Ukraine a attiré les regards sur le potentiel militaire de ces engins volants, les acteurs espèrent des financements pour rattraper leur retard technologique face aux grandes puissances.
« Vous vous souvenez de la colonne de chars qui arrivait sur Kiev il y a un an ? Ce sont les drones qui les ont détruits en larguant des grenades sur leurs tourelles. » Ces observations sont celles de Patrice Rosier, le fondateur de Reflet du Monde, une entreprise de drones multi-applications basée en Gironde. Fort d'une veille technologique pointue, l'entrepreneur a scruté comment ces « ordinateurs volants » sont devenus stratégique dans le conflit ukrainien. Outil de surveillance, de renseignement, munition téléopérée : le drone s'est mué en arme de piraterie aussi accessible qu'efficace.
« L'"Apple" du drone, qui s'appelle DJI et qui est chinois, a organisé l'interdiction de vente de drones en Ukraine. Les Ukrainiens ont envoyé des demandes dans toute l'Europe pour se fournir, nous mêmes avons reçu des demandes. Mais vu que l'on revend la marque chinoise, ça n'a pas été possible d'y répondre. On a compris qu'en Europe, nous sommes très dépendants des produits asiatiques au niveau du drone », développe Patrice Rosier pour La Tribune.
Photo d'illustration (Crédits : Creative Commons)
Une colonne de chars russes lors de l'invasion en Ukraine en mars 2022. (crédits : Creative Commons)
Face à la domination des acteurs chinois, américains ou encore israéliens, la filière française du drone a déjà réagi. En mai 2021, une trentaine d'acteurs ont formé l'Association du drone de l'industrie française (Adif) pour répondre à un enjeu de structuration industrielle. « On a les capacités industrielles en France, mais si on reste avec une ribambelle de petits acteurs entre un et dix millions d'euros de chiffre d'affaires, personne ne sera taillé pour aller chercher ces marchés à plusieurs centaines de millions voire quelques milliards d'euros. C'est maintenant qu'il faut arriver à construire des acteurs significatifs ! », prévient Bastien Mancini. Le président de l'Adif et de la société toulousaine Delair, a présenté ces enjeux lors du Sofins, salon international dédié à l'innovation défense qui se déroule du 28 au 30 mars à côté de Bordeaux.