Un monument périgordin de la menuiserie industrielle vient de s'effondrer avec la décision prise, ce jeudi 28 avril 2022, par le tribunal de commerce de Périgueux d'ordonner la mise en liquidation des Nouvelles Menuiseries Grégoire, à Saint-Martial-d'Artenset (Dordogne). Décision qui se solde par la fermeture du site dès ce vendredi 29 avril et la perte de 234 emplois, de source syndicale, et d'un énorme outil industriel composé notamment de 55.000 m2 de bâtiment.
De par son importance, l'entreprise a employé jusqu'à 800 salariés avec un point haut de chiffre d'affaires à 100 millions d'euros entre les années 1990 et le début des années 2000, Grégoire ne pouvait pas échapper aux radars des banques ni à ceux de la Région Nouvelle-Aquitaine et des services de l'Etat. Et quand il est devenu clair, à la fin des années 2010, que cette entreprise emblématique du secteur de la menuiserie industrielle risquait de disparaître, l'Etat et les collectivités n'ont pas hésité à mettre la main à la poche pour tenter d'éviter le pire.
Cette dernière explique que les Menuiseries Grégoire ont souffert de stratégies d'entreprise parfois hors sujet, mais aussi de certaines circonstances.
"En 2007, la famille Grégoire a vendu une partie de l'entreprise au fonds d'investissement Parquest. Cette vente a eu ceci de particulier qu'elle a reposé sur un OBO (owner by out/pour rachat par soi-même -Ndr), opération qui permet au propriétaire d'une entreprise de transmettre plus facilement son patrimoine, en revendant une partie de ce dernier à un nouvel actionnaire. Ce qui permet de générer du cash, de la liquidité, et de sécuriser le patrimoine. Mais il semble que l'évaluation des actifs des Menuiseries Grégoire faite à cette occasion ait été généreuse. Je n'ai pas dit rédhibitoire. C'est la crise financière de 2008 qui a précipité les choses, en empêchant ensuite Parquest d'effacer l'effet prix de départ", rembobine l'analyste, qui voit dans cette sortie de route historique l'origine du dépôt de bilan survenu dix ans plus tard.