Éolien flottant : un pari encore risqué pour les industriels européens

Maxime Giraudeau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les flotteurs de la future ferme-pilote EolMed en construction à Port-la-Nouvelle à l'été 2024.
EolMed

Maxime Giraudeau
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Les flotteurs de la future ferme-pilote EolMed en construction à Port-la-Nouvelle à l'été 2024.
EolMed
Depuis la côte et les littoraux, les Français ne percevront pas l'ampleur des enjeux qui détermineront une grande partie de leur avenir énergétique. Les quatre façades maritimes du pays vont accueillir 1.600 éoliennes d'ici 2050 pour une puissance équivalente à plus de la moitié de notre parc nucléaire, soit 35 GW. Les parcs les plus éloignés des côtes abriteront des mâts flottant sur les eaux, une technologie émergente retenue en cas de trop grande profondeur sous-marine.
C'est le cas des futures installations dans le golfe de Gascogne, au grand large de la Charente-Maritime et de la Vendée, ou à l'ouest de la Manche. Selon les zones retenues par les ministères de l'Énergie et de la Mer, les turbines productrices d'électricité pourraient être envoyées à plus de 150 kilomètres des côtes. De quoi générer des défis colossaux de raccordement et de maintenance.
Mais avant d'imaginer la mise en service, la filière des énergies marines alerte déjà sur les difficultés des fabricants européens de turbines à lancer des programmes industriels dédiés à l'éolien flottant. « Il y a un décalage entre les perspectives de développement de l'éolien en mer en Europe et les capacités d'industrialisation des turbiniers présents. La fabrication de composants n'est pas à la hauteur », estime Pierre Peysson, directeur France de l'éolien en mer pour RWE et président de la commission éolien en mer du Syndicat des énergies renouvelables.
À lire également
L'entreprise est candidate à l'appel d'offres 9 (AO9), qui concerne quatre parcs (Bretagne sud, deux dans le Golfe du Lion et Oléron) dont trois pour de l'éolien flottant. Douze candidats sont entrés dans la course. Et certains savent déjà qu'ils peineront à équiper les mats sur flotteur avec des turbines européennes. « Le flottant, tout le monde en veut chez les développeurs car on peut atteindre les zones les plus ventées. Mais avant, il faut pouvoir embarquer toute la chaîne de valeur et l'industrie en particulier. Aujourd'hui, les turbiniers européens sont réticents à y aller, témoigne l'un des candidats qui a souhaité rester anonyme. Le design de la turbine n'est pas le même, l'interface aussi est différente, le flotteur n'est pas stable donc l'éolienne peut osciller. Tout cela demande beaucoup de temps de développement aux industriels », détaille-t-il à La Tribune.
Maxime Giraudeau
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur