EXCLUSIF Sondage Ifop : Réussir le changement dans l'entreprise, encore du boulot

 |   |  629  mots
Près de 35% des personnes qui ont vécu une transformation dans leur entreprise en sont insatisfaites, selon le sondage Ifop que La Tribune publie en exclusivité. Pour les convaincre : communication, formation et dirigeants impliqués sont cruciaux.

Le sondage exclusif Ifop pour la société BcomBest dévoilé ce lundi par La Tribune dans un dossier spécial de La Tribune du Management et consacré aux ­transformations vécues dans l'entreprise apporte des résultats étonnants. De fait, lorsqu'on leur parle de changement, les salariés pensent d'abord « changement de projet d'entreprise (stratégie, orientations) » avec 27 % de premières réponses et 65 % du total. Le second ensemble concerne la restructuration, la fusion, le rachat ou la cession (25 % et 59 %). Le changement de méthode de travail ou de process métier ressort tout de même en troisième place à 23 % de premières réponses et 66 % sur l'ensemble des ­réponses. Leur paraissent moins importants : un changement de direction générale (11 % et 48 %), de lieu de travail (9 % et 39 %), une délocalisation (4% et 16%) ou un changement d'équipement informatique (1 % et 8 %).

A l'inverse, les salariés jugent favorablement un changement de matériel informatique (à 85 %), de méthode de travail ou de process métier (78 %), de projet d'entreprise (74 %) et de direction générale (64 %). Mais ils basculent dans le camp des défavorables pour une restructuration (70 %), un changement de lieu de travail (74 %) et bien sûr une ­délocalisation (95 %).

Les résultats très attendus concernaient l'appréciation par les salariés des mutations vécues dans l'entreprise (par ordre de fréquence) : restructuration, ­méthode de travail ou process modifiés, changement de dirigeants, de lieu de travail, de projet d'entreprise, d'équipement informatique, délocalisation. Si 11 % des sondés indiquent n'avoir pas connu de changement, le reste des réponses est très mitigé : 13 % estiment que le dernier changement s'est très bien passé, 52 % assez bien passé, 28 % assez mal passé et 7 % très mal passé. Ainsi, près de 35 % des salariés affichent une insatisfaction : « Beaucoup trop ! », affirment les experts. Surtout que seuls 8 % des sondés disent n'avoir pas été concernés par le dernier changement : 59 % l'ont été directement et 33 % indirectement.

Un intérêt faiblement perçu

Pire, pour 50 % des salariés, le dernier changement a même été une erreur et n'a pas produit d'effets positifs ! D'où une adhésion molle à 53 % et une résistance de principe à 24 %. Rejet et adhésion forte se neutralisent : 12 % et 11 % respectivement. D'ailleurs, seul un gros tiers (37 %) des sondés disent avoir adopté facilement le dernier changement. 28 % estiment que cela leur a demandé beaucoup de temps et d'efforts, 19 % ne se sentent toujours pas à l'aise et 16 % n'ont pas changé leur façon de travailler.

Qualitativement, l'insatisfaction vécue par rapport à la manière de conduire le dernier changement est préoccupante : 51 % d'opinions négatives sont motivées par les informations relatives à la mise en place du changement, 54 % par les délais accordés, 55 % par l'implication de la direction générale, 56 % par celle des managers, 58 % par la communication, 61 % par la formation (un point clé selon les spécialistes) et 70 % par l'écoute et la concertation, autres éléments cruciaux de toute réussite du changement, trop peu pris en compte par les directions.

Il n'est donc pas très surprenant que les sondés soient très critiques par rapport aux périodes de crise : 89 % considèrent que les entreprises les prennent comme prétexte pour engager des mutations. 86 % jugent que, dans ces périodes, ce changement est davantage source de problèmes internes et de stress, et 84 %, que les entreprises sont moins à l'écoute de leurs collaborateurs et prennent moins le temps d'accompagner le changement. Terminons sur une note positive : les salariés interrogés ne nient pas le besoin de changement dans l'entreprise. 68 % jugent que c'est une forte nécessité en période de crise, qui permet de réamorcer une dynamique interne.

Dossier spécial à retrouver ce lundi dans La Tribune avec les pages spéciales La Tribune du Management.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :