Universités : la France maintient ses positions, selon le classement de l'Ecole des Mines

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Ce classement, réalisé pour la deuxième année consécutive, s'appuie sur l'analyse des diplômes des dirigeants de Fortune Global 500. Il vise à concurrencer celui réalisé par l'université de Shanghaï, dans lequel les établissements français sont particulièrement maltraités.

Deux établissements français - HEC (7e position) et l'ENA (10e position) - contre cinq l'année dernière figurent dans le "Top 10" des écoles et universités qui ont formé le plus grand nombre de dirigeants des 500 plus grandes entreprises mondiales recensées par le "Fortune Global 500".

Quatre autres écoles se placent dans le "Top 30": Sciences Po (11e), Polytechnique (15e), l'Ecole des Mines (20e) et l'INSEAD (27e). En outre, 27 écoles et universités tricolores sont mentionnées dans ce classement qui comprend près de 350 établissements mondiaux.

"Ces changements s'expliquent par les mouvements à la tête des grandes entreprises depuis l'année dernière. Reste que les établissements hexagonaux continuent à tirer leur épingle du jeu", nuance le directeur de l'Ecole des Mines, Benoît Legais. Il ajoute: "ce nombre est nettement inférieur aux Etats-Unis où 35 % des dirigeants sortent d'Harvard. Le regroupement des établissements français au sein d'entités plus importantes leur permettrait d'être plus visibles".

Le directeur de l'Ecole des Mines rappelle ainsi que ParisTech (regroupement de la plupart des écoles d'ingénieurs de la région parisienne) pris dans son ensemble occupe la 3e position.

Se voulant une réplique au classement de Shanghai, l'étude de l'Ecole des Mines met toutefois elle aussi en évidence la prédominance des établissements américains: Harvard, Stanford et l'université de Pennsylvanie figurant dans les cinq premiers. Même si c'est l'université de Tokyo qui s'arroge la première place

La France dans le trio de tête pour la formation des élites

Au-delà des résultats individuels de ses écoles et universités, la France n'a pas à rougir de ses résultats: elle arrive au 3e rang des pays qui ont formé quatre dirigeants et plus des 500 entreprises considérées, derrière le Japon et les Etats-Unis mais devant la Grande-Bretagne. L'Hexagone occupe également la 3e place si on prend en compte les pays qui ont formé trois ou deux dirigeants quand les Etats-Unis décroche, dans les deux cas, la première place.

"Les performances d'un pays sont en en grande partie liées au nombre d'entreprises répertoriées par Fortune Global 500 dans les pays étudiés. Car à notre surprise, les effets de la globalisation restent encore peu visibles au niveau de la formation des dirigeants. La plupart des entreprises sont dirigées par des personnes qui ont fait leurs études supérieures dans leur pays d'origine", souligne Benoît Legais.

Des résultats qui devraient toutefois évoluer au cours des prochaines années car les populations étudiées ont quitté les bancs de l'école il y a une trentaine d'années. Et c'est sans doute une des principales faiblesses de ce classement: il reflète le passé mais ne donne pas d'informations sur le présent...

Le poids croissant des formations business

Autre changement notable qui devrait s'accentuer au cours des prochaines années: les formations orientées "business" occupent une place croissante dans la formation des dirigeants par rapport aux formations d'ingénieur. Ce phénomène commence à gagner la France: chez Total, c'est désormais un ESCP (Christophe de Margerie) qui remplace un X-Mines (Thierry Desmaret) aux commandes. Chez Saint-Gobain, un autre X-Mines (Jean-Louis Beffa) a cédé la place à un diplômé de l'Essec et de l'ENA (Pierre-André de Chalendar). Benoît Legais se veut prudent: "Il est en tous les cas trop tôt pour en tirer des conclusions".

Même si dans cette 2e édition du classement, force est de constater qu'HEC et l'INSEAD confortent leurs positions quand les établissements comme Polytechnique ou l'Ecole des Mines sont en recul...

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
On peut repondre que ce classement a pour lui l'objectivité du critère retenu. Qui plus est il se focalise sur les débouchés en entreprises, ce qui est loin d'être le cas du classement de shangai que vous encensez. Je ne releve même pas votre commentaire revanchard sur la province, ce n'est pas le propos.
a écrit le 08/10/2009 à 13:54 :
Classement assez pathétique vu qu'il est manifestement fait pour favoriser les établissements français "maltraités" par celui de shangai.

Faudrait pas oublier le premier classement qui mettait des universités de province devant plusieurs très connues anglaises ou américaines...

Ce classement fait assez rire ici à Londres.

Bravo les petits gars et merci à la Tribune de vous publier!!!!

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