A Toulouse, l'Institut national polytechnique veut créer un statut d'étudiant-entrepreneur

Hugues-Olivier Dumez, à Toulouse - Objectif News

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Tout est parti d'une épreuve de français en classe préparatoire. Et l'histoire pourrait se poursuivre dès cet été avec des essais de prototypes dans l'Atlantique. Un étudiant d'école d'ingénieurs de 22 ans a imaginé une nouvelle technique de désalinisation qui ne consomme pas d'énergie.
Difficile d'imaginer à l'époque que ces quelques feuillets pouvaient déboucher sur un brevet potentiel. Aujourd'hui en deuxième année d'école, Jean-Emmanuel est en lien avec Toulouse Tech Transfer, société d'accélération du transfert de technologies, pour juger de la brevetabilité du procédé.
Encore très mystérieux sur la description de son innovation, Jean-Emmanuel a pourtant convaincu son directeur, Alain Ayache. Celui-ci est, avec le directeur de l'École nationale supérieure agronomique de Toulouse (ENSAT), à l'origine du statut d'étudiant-entrepreneur de l'INP Toulouse qui regroupe sept écoles.
Cette initiative n'est pas sans rappeler la proposition de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, de créer un statut d'étudiant-entrepreneur à la rentrée 2014 pour les étudiants en cours de formation universitaire et les jeunes diplômés.
De gauche à droite : Marion Andrist, Mathilde Guerpillon, Johanna Vemclefs, Jean-Emmanuel Faure, Guilhem Bernard, Matthias Benkort et Gabriel Guiral.
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Pour cette première année, une trentaine d'étudiants ont présenté leur projet devant une commission composée de différents acteurs économiques. Avec le souci, pour la plupart quasi obsessionnel, de ne pas trop en dévoiler, de peur d'être copié ! Une raison légitime qui justifie la prudence de Jean-Emmanuel, mais également celle de quatre étudiantes de l'ENSAT, prétendantes au statut d'étudiant-entrepreneur. Leur idée est née en troisième année dans le cadre d'un projet scolaire.
Au départ fictif, leur produit dans le domaine de la pâtisserie salée pourrait bien figurer dans les rayons des grandes surfaces d'ici un an.
Encore artisanal pour le moment, ce produit, né dans la cuisine de Marion, doit franchir l'étape de la conservation afin d'être industrialisé. Des financements et des partenariats avec des laboratoires deviennent aujourd'hui nécessaires, ce qui explique une candidature au concours d'aide à la création de la Banque publique d'investissement (Bpifrance) et à l'incubateur Agropole d'Agen.
L'engouement rapide de ces étudiants au nouveau statut proposé par l'INP est simple. Avec peu de moyens financiers pour lancer leur projet, les jeunes entrepreneurs ont besoin de temps et d'accompagnement sans pour autant compromettre la réussite des études. Un autre porteur de projet, Matthias Benkort, l'atteste.
Ce besoin légitime de temps libre a été entendu. Outre les aménagements d'horaires, le statut d'étudiant-entrepreneur offre la possibilité de prendre le temps imparti du stage pour mener à bien son projet personnel. Cette idée a séduit Guilhem Bernard, 21 ans, qui compte utiliser ces six mois pour finaliser son idée d'entreprise de jeux vidéos et rejoindre, une fois diplômé, l'incubateur Midi-Pyrénées, voire, pourquoi pas, une pépinière d'entreprises.
Également dans la filière informatique de l'ENSEEIHT, Gabriel Guiral pourra bénéficier d'une formation complémentaire en management par le biais de ce nouveau statut. Des notions qui lui seront utiles pour le lancement de son site, Moovup.eu, avec deux autres camarades.
Une première version a déjà séduit plusieurs commerçants de Strasbourg, où il était en classe préparatoire. De quoi lever 5.000 euros pour proposer un site unique mais géolocalisable dans 32 grandes villes de France. Qui a dit que la jeunesse ne savait plus s'engager ?
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