"Développer les compétences"

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DR (Crédits : Manpower/Philippe Schlienger)
Françoise Gri, présidente de Manpower France

«Le marché du travail est trop statique en France où on a le culte du diplôme. Il y a urgence à déployer de nouveaux savoirs. Chez Manpower, notre métier est de permettre à des gens d'accéder à l'emploi. La société a créé en 2008 un pôle ?nouvelles compétences?. Nous pouvons contribuer à réinventer les parcours professionnels par la formation. En arrivant chez Manpower France en 2007, j'étais riche de toutes les histoires racontées par mes clients chez IBM France où j'ai passé vingt-cinq ans. Ce sont les mêmes clients, avec les mêmes problématiques de réorganisation de leur entreprise. J'ai vécu deux énormes transformations d'IBM. La première fut, en 1993, son changement de métier. La société vendait des gros systèmes. Elle a dû se reconvertir dans les services. J'étais directeur d'agence. Les gens arrivaient en pleurs dans mon bureau. Un monde s'écroulait. En 2001, le pôle services d'IBM avait énormément grossi. La bulle des valeurs technologiques a éclaté. Le marché s'est ralenti. Une deuxième restructuration s'en est suivie, traduite par un plan social de 800 personnes. Ça a été pour moi un traumatisme. J'ai été marquée au fer rouge. J'ai appris que les décalages au niveau des compétences se paient un jour ou l'autre dans l'entreprise.

Puis j'ai lancé le e-business au niveau européen. Personne ne savait ce qu'était Internet. Il a fallu réinventer une autre façon de travailler, relancer et relooker la marque IBM. En 2001, j'ai succédé à Cathy Kopp à la présidence d'IBM France. Mike Lorry, patron d'IBM Europe, a cassé les référentiels français en nommant une femme. Les femmes peuvent changer la dynamique en France. Elles ont un regard curieux, différent. Je ne voulais pas poursuivre ma carrière aux États-Unis. J'ai rejoint Manpower où les femmes représentaient 80 % de l'effectif contre 85 % d'hommes chez IBM.

Quand on est une femme, à partir d'un certain moment, on affronte des a priori qui vont préjuger de vos priorités et capacités à gérer les contraintes. Les femmes n'en parlent pas suffisamment car elles ne se sentent pas autorisées à le faire. Quant aux distinctions (Légion d'honneur et ordre national du Mérite), on les prend avec humilité et simplicité. Il est important de ne pas avoir un regard blasé. »

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