"Je suis devenue entrepreneure grâce à mes études aux États-Unis"

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Entretien avec Martine Liautaud, présidente, fondatrice et actionnaire de Liautaud & Cie

C'était le bonheur total ! » s'enthousiasme Martine Liautaud, banquière conseil à Paris, en parlant de ses études, en 1989, sur le campus de Stanford, en Californie. Des prix Nobel à foison, des relations d'égal à égal entre professeurs et étudiants, la sensation que tout est possible, que l'on peut tout entreprendre. Cette expérience a été déterminante dans sa vie.

En France, Martine Liautaud se sentait atypique. Atypique, parce que, grâce à des parents aimants, un optimisme à toute épreuve et un refus du déterminisme social, elle n'avait jamais senti ce plafond de verre, qui limite les ambitions des femmes comme des hommes. « Je suis devenue entrepreneure grâce à mes études aux États-Unis », conclut-elle. Pourtant, elle aurait pu poursuivre sa carrière de banquière entamée après ses études de droit puis à Sciences po. D'ailleurs, c'est son employeur, une banque d'affaires de la place, qui l'avait envoyée en Californie. « Quand j'ai annoncé, six mois après mon retour, que je voulais monter ma propre entreprise, mon patron m'a dit : ?Quand vous serez calmée, revenez !?. » Mais Martine Liautaud veut poursuivre son rêve américain. Elle fonde une société de conseil en fusions-acquisitions, conseille de grandes sociétés. Et elle ne s'est jamais « calmée ». Au contraire, elle décide, en 2009, qu'il est temps d'appliquer à sa vie en France les valeurs américaines qui lui ont si bien réussi lors de son séjour outre-Atlantique. « Il s'agit de rendre à la société », indique-t-elle. Le contexte lui semble porteur. Le rapport de Brigitte Grésy sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes souligne les difficultés des femmes à évoluer dans l'entreprise et à accéder aux instances dirigeantes. Elle choisit donc d'aider les femmes en particulier.

Entrepreneure dans l'âme, Martine Liautaud décide de privilégier celles qui ont lancé, depuis au moins trois ans, leur propre affaire, afin de les faire passer à la vitesse supérieure. Pour cela, c'est, une fois de plus, à l'esprit Stanford qu'elle fait appel. Elle contacte des amis, dont des anciens de son université avec laquelle elle a gardé de nombreux contacts : tous acceptent de devenir mentors bénévoles. La Women Business Mentoring Initiative est lancée en 2010. Sur la trentaine de candidatures, huit sont retenues, et bénéficient pour un an des conseils d'un ou de deux mentors. Des avis sur la stratégie à mettre en place pour obtenir un plus grand succès, des introductions si nécessaire, des conseils techniques et de management. Et les femmes sont enthousiastes, de même que les mentors ! Le succès ne peut qu'encourager la banquière à poursuivre. « C'est très gratifiant d'aider les gens », conclut-elle. Une attitude typiquement américaine, pour cette femme atypique...

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