"Pour réussir cette aventure, il n'y a pas de secret. Je travaille énormément"

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Entretien avec Marie-Pierre Schmitz, présidente directrice générale et fondatrice de Benta Berry

C'est à la faveur d'une observation in vivo que, en 2008, Marie-Pierre Schmitz se pique pour le marché des cosmétiques. Son fils aîné est en prépa, il veut suivre un traitement médicamenteux contre l'acnée. « Je me suis inquiétée de la dangerosité de ce traitement, mais je n'ai pas réussi à le dissuader. Mon cadet voulait suivre la même voie, alors je me suis documentée. »

À l'université Paris-Descartes, les professeurs Chaumeil et Zerrouk la confortent. Les peaux jeunes ont bel et bien des spécificités, elles sont communes à tous dans le monde entier, peu importe la couleur de l'épiderme, elles varient seulement en fonction de l'âge et du sexe. Mais aucune réponse n'est vraiment adaptée. Les cosmétiques contre l'acnée sont vendus en pharmacie, or, comme pour les capotes, rares sont les jeunes prêts à entrer dans une officine en disant « j'ai des boutons, je voudrais acheter une crème ».

« J'ai eu la chance dans mon métier de croiser de formidables entrepreneurs. C'est eux qui m'ont insufflé la force de me lancer. Du jour au lendemain, après des années de ?up and down?, j'ai franchi le cap. Et très vite, comme je suis faite ainsi, le projet a pris une plus grande ambition. J'ai décidé de faire de Benta Berry une marque communautaire et identitaire, à la jonction de trois marchés d'avenir : les cosmétiques, l'Internet et les jeunes. J'ai levé 750 millions d'euros et j'ai fait entrer des partenaires à hauteur de 20 % dans le capital. »

Destinée aux 12 à 24 ans, la marque qui porte son nom de jeune fille est née officiellement le 9 décembre. Ses fondements : des produits naturels, des packagings luxueux, une communication adaptée, une distribution Internet internationale (avec un cybercasting relayé par plus de 80.000 Internautes via Facebook, Twitter et le site Internet) et une signature 100 % écologique « made in France ».

« J'y tiens beaucoup. J'ai toujours aimé m'intéresser aux jeunes. Comme beaucoup de parents, au travers des activités scolaires et autres, j'interviens à titre bénévole pour transmettre des connaissances, aider. Benta Berry est un prétexte, une occasion formidable de rencontrer tous ces jeunes que le grand public ignore parce qu'ils n'ont pas le look ou ne sont pas hyper branchés mais qui entreprennent, agissent avec une générosité extraordinaire autour d'eux. Notre génération élitiste, cultivée, aussi brillante qu'elle soit, a fait la société d'aujourd'hui ; ce n'est pas brillant. Je préfère faire confiance aux générations futures ; demain, ils révolutionneront le monde, et c'est très bien. J'ai envie de croire en eux. »

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