Le management de transition dopé par la crise

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D'après une étude réalisée par Robert Half Management Resources, 63% des entreprises françaises s'attendent à une augmentation d'ici deux ans du recours de cette technique managériale qui consiste a appeler un expert externe pour un projet ponctuel. Cette hausse se ressent déjà sur certains postes.

Les entreprises qui, sous l'effet de la crise, tendent à licencier jusque dans les rangs de leurs cadres dirigeants, envisagent d'augmenter leur recours au management de transition. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée auprès de 4000 managers en finance et ressources humaines issus onze pays européens par Robert Half Management Resources, cabinet de recrutement spécialisé dans les missions de transition sur les métiers de la finance et de la comptabilité. D'après cette enquête, 89% des entreprises songeaient dès l'été dernier à faire appel à un manager de transition en cas de récession. L'idée était même acquise pour 33% d'entre elles.
Rappelons que le management de transition consiste à apporter une expertise externe à une entreprise qui n'en dispose pas en interne, généralement dans le cadre d'un projet. Il se distingue en cela de l'intérim cadre, qui consiste à remplacer un individu pendant une période où il est absent.
En France, près des deux tiers (63%) des managers interrogés ont affirmé s'attendre à une hausse d'ici deux ans du recours au management de transition pour remplacer les cadres dirigeants. Principale raison invoquée, par 41% d'entre eux: le besoin de flexibilité. « En période de récession, les entreprises doivent non seulement optimiser leurs coûts, mais rester compétitives, explique Karine Doukhan, de Robert Half Management Resources. Elles continuent donc à avoir besoin d'experts, malgré les licenciements. Dans ce contexte, le management de transition leur apporte une solution. Car bien qu'elles ne soient pas en mesure de garder tel cadre en CDI à 150K? annuels, son expertise peut leur être nécessaire pour une période de quatre ou cinq mois ».
A en croire Karine Doukhan, cette hausse du recours au management de transition a commencé à se faire sentir dès septembre en France. « Nous avons enregistré une recrudescence des missions dans le domaine de la trésorerie, indique-t-elle. Les entreprises qui avaient fait leur budget en juillet ont dû recréer tous leurs tableaux de bord avec des indicateurs plus techniques en vue d'un pilotage à court terme ». La responsable de marque prévoit à présent à une augmentation de la demande de « cost optimizers ». « La plupart des entreprises en retournement ont besoin de directeurs financiers de haut niveau pour piloter leur faible performance et les aider à traverser la crise », poursuit-elle. Autre domaine où les besoins promettent d'être importants cette année: le « credit management ». « En période de crise, les clients ont tendance à mettre plus de temps pour payer, détaille Karine Doukhan. Le rôle du « credit manager » est de faire rentrer l'argent. Il évite à l'entreprise d'avoir une trésorerie trop tendue et de tarder, à son tour, à payer ses fournisseurs ».
Interrogés quant à leur intention d'utiliser, dans les années qui viennent, le management par mode projet comme mode de transition vers la retraite, moins de 30% managers français ont répondu très certainement ou probablement. Plus de 40% ont pour l'instant préféré ne pas se prononcer. « Le concept est encore nouveau, analyse Karine Doukhan. Mais les gens vont se familiariser avec cette idée. Car le management de transition peut être une solution de repli, notamment pour des cadres âgés d'une cinquantaine d'années, qui ont encore une dizaine d'années à travailler mais ne parviennent pas à retrouver un emploi en CDI. Nous recevons chaque jour plus d'une centaine de CV de cadres, dont certains sont issus des grandes écoles et disposent d'une vingtaine d'années d'expérience ».

 

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