Les foyers non raccordés au réseau de gaz naturel sont nombreux à utiliser des gaz liquides dans leur consommation courante. Ces gaz, eux aussi, émetteurs de CO2 cherchent à se verdir. La filière vise ainsi 10% d'incorporation de biopropane à l'horizon 2033 et mise pour cela sur le développement des biocarburants aériens. Explications.En France, quelque 20 millions de personnes utilisent du propane et du butane pour se chauffer, cuisiner ou pour l'eau chaude sanitaire. Elles résident en grande majorité dans les 25.000 communes rurales qui ne sont pas raccordées au réseau de gaz naturel. Commercialisés sous forme de bouteilles ou en citernes, ces gaz liquides sont des sous-produits du raffinage d'hydrocarbures. Il s'agit donc d'une énergie fossile émettrice de CO2, (environ 272 grammes par kilowattheure pour le propane), l'un des principaux gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.
10% de biopropane d'ici à 2033
Pour se décarboner, la filière mise sur le déploiement du biopropane, qui permettrait une réduction de près de 73% des émissions.« Nous visons un taux d'incorporation du biopropane de 10% dans notre mixte à l'horizon 2033 », a annoncé Anne de Bagneux, présidente de France Gaz Liquides, ce jeudi 12 octobre, lors d'une conférence de presse.
Si cet objectif peut paraître peu ambitieux, les professionnels du secteur assurent, au contraire, qu'il s'agit d'un défi important au regard du taux d'incorporation actuel quasi insignifiant, mais dont le niveau exact demeure confidentiel. Le biopropane reste, en effet, disponible en très petites quantités, ce qui explique que son prix soit très élevé : en moyenne, quatre fois plus cher que le propane d'origine fossile.
Pour atteindre la barre des 10% dans les chaudières fonctionnant au propane, les professionnels des gaz liquides espèrent décrocher un soutien du gouvernement, via notamment un taux de TVA réduit. « Toutes les énergies renouvelables ont été accompagnées par le gouvernement. C'est vrai pour le biométhane, pour le solaire, pour l'éolien... », égraine Anne de Bagneux, qui regrette que « les territoires ruraux » restent « l'angle mort des politiques publiques ».