Alors qu’on les pensait remisés au rayon des molécules démodées, les gaz de pétrole liquéfié (GPL) regagnent du terrain dans l’industrie à la faveur des tensions sur le marché du gaz naturel.Au revoir le réseau de gaz, bonjour la citerne. La volatilité des prix du gaz naturel et les risques de ruptures d'approvisionnement incitent un nombre croissant d'industriels énergo-dépendants à se tourner vers les marchés moins fluctuants du butane et du propane.
En France, les gaz de pétrole liquéfié (GPL) commercialisés par les distributeurs proviennent en effet majoritairement des gisements algériens et norvégiens (70% du total) et pour le reste des raffineries hexagonales. La filière est donc peu impactée par la guerre que mène la Russie en Ukraine comme le soulignait, il y a peu, Audrey Galland, directrice de l'association France Gaz Liquides dans une interview à L'Usine Nouvelle. « Elle ne présente aucun problème d'approvisionnement. Cette stabilité rassure les industriels. »
Le constat de la porte-parole de l'interprofession semble se vérifier sur le terrain. En témoigne la hausse des commandes qu'enregistre le GIE Norgal qui exploite, près du Havre, l'un des deux plus gros dépôts français de gaz liquides. Détenu par Antargaz, Butagaz et Vitogaz (groupe Rubis), il se prépare à écouler 20% de volumes supplémentaires à compter de janvier prochain. Sans crainte sur la disponibilité, promet son président Felix Charlemagne.
«Nous ne pouvons pas accroître les capacités de stockage, mais nous allons augmenter les rotations de navires et camions citernes», précise t-il.
« Un coup de boost » sur un marché en déclin
À l'origine de cette embellie inattendue sur un marché réputé déclinant, le regain d'intérêt des entreprises pour le butane et le propane. « Il est vrai que certaines cherchent à s'affranchir totalement ou partiellement de leur dépendance au réseau de gaz », constate un peu dépité un cadre d'Engie. Une assertion confirmée par le président du GIE normand.