Déchets nucléaires : « Le coût de leur enfouissement dépendra fortement du niveau des taxes »
Propos recueillis par Marine Godelier
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Juliette Raynal
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Juliette Raynal
LA TRIBUNE — Pourquoi une telle revalorisation par rapport à la précédente estimation de 2016 ? Peut-on parler d'un dérapage des coûts ?
GAËLLE SAQUET — Il faut relativiser la hausse. En réalité, notre premier chiffrage, réalisé en 2014, évaluait les coûts de Cigéo à 33,8 milliards d'euros. À l'époque, l'Andra n'avait pas communiqué sur une fourchette de prix mais sur ce montant unique, probablement par manque d'expérience. Face à cela, la ministre de l'Environnement et de l'Énergie, Ségolène Royal, avait choisi d'arrêter dans la foulée un « coût objectif » de 25 milliards d'euros. Il ne s'agissait pas de l'un de nos chiffres, mais d'une cible définie par le pouvoir politique.
Cette nouvelle évaluation - la deuxième de notre part - table désormais sur une note globale de 26,1 à 37,5 milliards d'euros selon les conditions économiques de 2012. Le coût est donc globalement maîtrisé. Il comprend les frais de construction, de fonctionnement et de fermeture du projet, ainsi que les coûts de recherche et développement tout au long de sa durée de vie, autour de 150 ans. Notre objectif est de tendre vers 26 milliards d'euros, sans sacrifier la sûreté.
Pourquoi y a-t-il un tel écart, de 11 milliards d'euros, entre la fourchette basse et la fourchette hausse ? Quels éléments peuvent à ce point faire varier les coûts ?
Cette différence traduit plusieurs incertitudes. Concrètement, les deux tiers des hypothèses que nous devons formuler reposent sur la fiscalité. Le coût du projet dépendra fortement du niveau de taxation des installations nucléaires et des colis entreposés en sous-sol d'ici aux prochaines décennies. Par ailleurs, d'autres postes qui n'avaient pas été identifiés il y a dix ans peuvent venir gonfler la facture, comme la sécurisation du chantier ou encore des fouilles archéologiques prescrites à l'issue de diagnostics réalisés en 2015-2016.
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Mais dans le même temps, nous avons calculé qu'il pourrait y avoir jusqu'à 3,6 milliards d'euros d'optimisations possibles par rapport au scénario initial. Si elles sont exploitées, nous pourrions nous rapprocher de la fourchette basse.
Propos recueillis par Marine Godelier