La Suède, 2e pays au monde à enfouir ses déchets nucléaires « pour 100.000 ans »

Le gouvernement suédois a donné jeudi son feu vert à un projet d'enfouissement des déchets nucléaires produits par le pays d'une manière sécurisée pendant des millénaires. Disant s'appuyer sur le résultat de recherches scientifiques menées depuis 40 ans, la ministre a assuré que le stockage des déchets serait sûr "pendant 100.000 ans". L'autorisation intervient deux mois après que les écologistes, opposants à ce projet depuis des années, aient quitté le gouvernement avec fracas.

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L'autorisation, donnée hier jeudi 27 janvier par le gouvernement suédois dirigé par la Première ministre Magdalena Andersson (social-démocrate), intervient deux mois après que les écologistes, opposants à ce projet depuis des années, aient quitté sa coalition avec fracas. Magdalena Andersson est la première femme à diriger le pays.
L'autorisation, donnée hier jeudi 27 janvier par le gouvernement suédois dirigé par la Première ministre Magdalena Andersson (social-démocrate), intervient deux mois après que les écologistes, opposants à ce projet depuis des années, aient quitté sa coalition avec fracas. Magdalena Andersson est la première femme à diriger le pays. (Crédits : Reuters)

La Suède, 12e pays producteur d'électricité d'origine nucléaire, devient le deuxième pays au monde à donner le feu vert à un projet d'enfouissement définitif de ses déchets hautement radioactifs, après son voisin la Finlande, en novembre dernier.

Fait notable, cette autorisation donnée hier jeudi 27 janvier par le gouvernement suédois dirigé par la Première ministre Magdalena Andersson, intervient deux mois après que les écologistes, opposants à ce projet depuis des années, aient quitté sa coalition avec fracas. Leur départ le 24 novembre était dû au fait que la dirigeante social-démocrate tout juste élue avait accepté de gérer un budget voté avec l'extrême-droite. Contrainte à la démission, elle s'était fait réélire cinq jours plus tard, le 29 novembre.

Le site retenu se trouve à Forsmark, près d'une des deux centrales nucléaires suédoises en activité, à environ 130 kilomètres au nord de Stockholm, près de la mer Baltique. Aux dires de l'opérateur, un site souterrain conçu pour résister... 100.000 ans.

L'exemple finlandais

La Suède imite ainsi son voisin finlandais, qui a autorisé le 12 novembre dernier la mise en service d'un site d'enfouissement dit "final" à Eurajoki, sur la côte sud-ouest du pays. Celui-ci, en cours d'achèvement, doit recevoir ses premières cargaisons d'essai en 2023 et être opérationnel en 2025. Si le nom d'Eurajoki est peu connu, tel n'est pas le cas du site nucléaire qu'abrite cette petite municipalité puisqu'il s'agit de la centrale nucléaire d'Olkiluoto où a été entreprise en 2005 la construction du premier EPR au monde, très médiatisé pour ses déboires et les conflits récurrents entre l'opérateur TVO et le fabricant Areva.

Si ces deux pays nordiques sont les premiers à avoir obtenu le feu vert pour ce type d'installations, d'autres projets existent dans le monde mais sont toujours en phase d'expérimentation.

En France, un projet d'enfouissement est en cours d'autorisation à Bure, dans la Meuse, au nord-est du pays. Ce village de 80 habitants est devenu, comme l'écrit France Culture, "le point de ralliement de plusieurs centaines d'activistes". Un haut-lieu de la contestation antinucléaire, "où la répression de la contestation est démesurée", selon Le Monde diplomatique.

|Lire: Déchets nucléaires : 5 questions pour comprendre le méga-projet français d'enfouissement à Bure

Une solution "sûre" et une décision "historique"

En Suède, après des années d'atermoiements, l'exécutif se réjouit de sa décision:

"Avec la Finlande, nous sommes les premiers au monde à prendre nos responsabilités pour nos déchets nucléaires. Cela sera une solution de stockage final sûr, qui donne de la sécurité tant pour l'environnement que pour la population", a affirmé la ministre de l'environnement Annika Strandhäll lors d'une conférence de presse.

L'entreprise suédoise SKB a mis au point une méthode d'enfouissement baptisée "KBS-3" et qu'elle met déjà en œuvre chez le voisin finlandais. À Formansk comme en Finlande, les barres de combustible usagées sont d'abord insérées dans des étuis en fonte. Ces étuis sont ensuite glissés dans 2.800 silos en cuivre qui, dûment scellés, doivent théoriquement rester hermétiques pendant 100.000 ans.

À 500 mètres sous terre, ces silos doivent ensuite être insérés dans des cavités verticales condamnées par de gros bouchons de bentonite, de l'argile peu indurée, très peu perméable et souple.

Actuellement, près de 7.500 tonnes de déchets radioactifs sont entreposées dans un site de durée "moyenne" ouvert il y a plus de 40 ans à Oskarshamn, sur la côte est suédoise.

SKB, société créée par les producteurs suédois d'électricité nucléaire pour gérer les déchets, et qui porte le projet d'enfouissement  a salué "une décision historique".

« C'est une décision historique qui permet à SKB d'éliminer les déchets nucléaires que notre génération a produits. Cette décision est accueillie à bras ouverts. Nous sommes maintenant impatients de mettre en œuvre le plus grand projet de protection de l'environnement de Suède », a déclaré Johan Dasht, PDG de SKB.

Sur son site, la société SKB met en avant que sa technologie d'enfouissement est issue d'une recherche et développement qui s'est étendue sur une période de plus de 40 ans en collaboration avec des experts d'universités, d'instituts de recherche et d'établissements d'enseignement supérieur tant en Suède qu'à l'étranger.

"100.000 ans de conséquences", selon Greenpeace

À l'opposé, Greenpeace a déploré une décision avec "100.000 ans de conséquences". L'ONG écologiste dénonce "l'insécurité trop grande" autour de la solution et une décision gouvernementale "irresponsable".

Greepeace et de nombreuses autres ONG écologistes dénoncent depuis des années les dangers, au-delà de l'industrie nucléaire elle-même, de cette solution d'enfouir des déchets hautement dangereux pour des durées à peine imaginables à l'échelle de l'Humanité.

Sur son site, l'ONG déploie, s'agissant de l'exemple français du site de Bure, une liste de problématiques baptisées "failles" qui, selon elle, fragilisent ce projet: faille géologique, faille de sûreté (risque d'incendie, etc.), faille logistique, faille d'irréversibilité, faille économique, et enfin, faille éthique.

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Commentaires 13
à écrit le 02/02/2022 à 9:13
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Ce qui montre l'inutilité de l'abandon du nucléaire si l'on doit s'occuper des déchets pendant plusieurs milliers d'année. Au delà, et au train ou nous allons, l'humanité aura disparu, donc inutile de s'inquiéter ! Par contre on peut espérer quelqu...

à écrit le 01/02/2022 à 22:26
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Sur et 100.000 ans moi j'ai un comme un léger doute... En fait c'est comme moi à la maison, paf sous l'tapis.. bon dans 100 ans tout l'monde aura oublié ses belles promesses.

à écrit le 01/02/2022 à 22:26
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Sur et 100.000 ans moi j'ai un comme un léger doute... En fait c'est comme moi à la maison, paf sous l'tapis.. bon dans 100 ans tout l'monde aura oublié ses belles promesses.

à écrit le 29/01/2022 à 19:25
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Greenpeace serait plus compétent que les universités, les instituts de recherches, les laboratoires, leur seul argument c'est très scientifique : la peur 😱, on est mort, mais de 😂

à écrit le 29/01/2022 à 4:55
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Même si le carbone était un problème pour le climat l'énergie nucléaire ne sera JAMAIS la solution. Autant d'énergie dans 1 gramme d'Uranium que dans une tonne de pétrole, à masse égale c'est 1 million fois plus d'énergie, Ils oublient juste de dire ...

à écrit le 28/01/2022 à 21:17
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Il y a des pays où le bon sens est encore le bienvenu. Cela fait des années que notre gouvernement connait la solution, l'étudie et dépenses des millions pour la préparer. Mais toujours pas fait. je connais quelqu'un qui approche de la retraite et qu...

à écrit le 28/01/2022 à 17:47
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Ridicule , ils doivent traiter les déchets et pas les enfouir. L’Europe devrait légiférer sur ces réels problèmes ou lieu de vouloir imposer leur vision sur nos sociétés dont personne n en veut

le 28/01/2022 à 20:07
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Rid1cule, ils sont déjà traités pour être réduit à des v0lumes extrêmement fa1bles.

le 29/01/2022 à 20:14
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caillou reridicule .... et la contamination des nappes phreatiques si il y a une fuite , 100 000 ans c est long tres long

le 29/01/2022 à 20:16
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caillou reridicule .... et la contamination des nappes phreatiques si il y a une fuite , 100 000 ans c est long tres long

à écrit le 28/01/2022 à 16:48
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Il y a des pays où l'on aimerait vivre et d'autres qui sombrent comme la Macronie

le 28/01/2022 à 18:38
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Beaucoup de pays aimeraient bien sombrer comme la 'Macronie'.

le 29/01/2022 à 19:31
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