Déchets nucléaires : face aux piscines saturées, Orano mise sur une solution « transitoire »
Nathalie Jourdan
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Vue de l'une des quatre piscines d'entreposage d'Orano La Hague.
Orano
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Vue de l'une des quatre piscines d'entreposage d'Orano La Hague.
Orano
La question ressurgit à intervalles réguliers. Depuis plusieurs années, l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) alerte devant « l'augmentation tendancielle » du contenu des quatre piscines de l'usine Orano de La Hague, dans le Cotentin, où sont entreposés les déchets ultimes des centrales françaises. À raison. Aujourd'hui, ces installations de stockage sont « proches de la saturation », selon l'Autorité.
Qu'on en juge. Au dernier pointage, 10.000 tonnes de combustibles usés et plusieurs centaines de tonnes d'outillage irradié étaient immergées dans les bassins du site. Et ce, pour un taux de remplissage « d'un peu plus de 90% », de l'aveu même de l'exploitant interrogé par La Tribune. Un niveau qui outrepasse les bornes aux yeux du gendarme du nucléaire.
« La capacité disponible est de 8 à 12 mois, chiffre Pierre Bois, son directeur général adjoint. Ce sont des marges trop faibles en cas d'aléa majeur. À l'extrême, on pourrait imaginer que des réacteurs doivent s'arrêter (faute de savoir où expédier leurs combustibles usés NDLR) ». Au passage, le dirigeant ne cache pas un certain agacement devant la procrastination dont a fait preuve la filière face au mur qui s'annonçait. « Cette problématique aurait dû être anticipée depuis très longtemps », tacle-t-il.
La construction de nouvelles installations de traitement n'étant prévue qu'à l'horizon 2040, Orano a donc dû imaginer une parade qualifiée de « transitoire » pour lequel il vient d'obtenir un feu vert de l'ASNR. Moyennant un investissement de 30 millions d'euros et une cinquantaine de recrutements, sa filiale Orano Temis, installée à Valognes dans la Manche, a lancé la fabrication de nouveaux « paniers » métalliques destinés recevoir les matières irradiées stockées dans l'eau.
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Moins volumineux que les précédents, ceux-ci sont appelés à remplacer progressivement une partie des contenants déjà immergés « à raison de 330 paniers par an pendant 4 ans et demi », indique le groupe. Objectif affiché : gagner 15% de capacités d'entreposage (+1.500 tonnes). « Le projet prévoit également la possibilité d'un second palier de densification des piscines actuelles, qui amènerait l'augmentation totale jusqu'à 3 200 tonnes en fonction du besoin », précise-t-on.
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Nathalie Jourdan