L’énergéticien allemand Uniper, nationalisé en 2022, ralentit sa transition pour s’appuyer encore plus sur le gaz. L'entreprise met en avant la nécessité d'assurer la sécurité d'approvisionnement du pays, et pointe un marché de l’hydrogène en berne. Signe que les hydrocarbures resteront essentiels dans la production d'électricité outre-Rhin, au moins dans les prochaines années.C'était en février 2023. Alors que l'Allemagne s'apprêtait à fermer ses dernières centrales nucléaires, le chancelier Olaf Scholz confirmait la construction prochaine de centrales à gaz « hydrogen-ready », c'est-à-dire prêtes à fonctionner à l'hydrogène décarboné plutôt qu'aux hydrocarbures. Le but : pallier l'imprévisibilité des énergies renouvelables, dont la production dépend des conditions météorologiques, tout en renonçant à l'atome et en diminuant le recours aux combustibles fossiles.
Seulement voilà : un peu plus de deux ans et un nouveau gouvernement plus tard, la promesse s'étiole déjà. La ministre de l'Économie, Katherina Reiche, souhaite toujours accélérer la construction de centrales à gaz sur le territoire, pour une capacité totale de 20 gigawatts (GW) supplémentaires en 2030. Elle négocie actuellement à Bruxelles afin de lancer les premiers appels d'offres d'ici à la fin de l'année, avec deux ans de retard. Mais sauf surprise, rien n'imposera à ces installations d'être compatibles avec de l'hydrogène. Pire : contrairement à son prédécesseur, Robert Habeck, il est peu probable que Katherina Reiche dicte quand elles devront être converties (à l'origine, entre 2035 et 2040).
Dans ces conditions, le géant allemand du gaz Uniper, nationalisé en 2022, a annoncé jeudi un changement dans sa stratégie : à la fin de la décennie, 50 % des centrales opérées par l'entreprise devront produire de l'électricité bas carbone. Contre 80 % dans son plan précédent, présenté à l'été 2023. « Ce n'est pas délibéré, c'est juste que nous ne pouvons pas faire certaines choses aussi rapidement que prévu », se justifie un porte-parole à La Tribune.
Assurer la sécurité d'approvisionnement
Outre-Rhin, la priorité est ailleurs : remplacer le charbon, combustible fossile le plus polluant de tous (1 000 grammes de CO2 par kilowattheure), par du gaz, lui aussi fossile mais moins émetteur de CO2 (420 grammes par kWh).