Alors que les Français consomment moins d'électricité que prévu, l'énergie photovoltaïque, en pleine expansion dans le pays, devient surabondante. Résultat : elle doit être bridée de plus en plus souvent, et les parcs, déconnectés du système. C'est l'un des enseignements du bilan semestriel du gestionnaire du réseau de transport d'électricité en France, RTE, publié il y a quelques jours. « Il vaut mieux devoir gérer une abondance qu'une pénurie, mais ça reste du gaspillage », regrette-t-on au Syndicat des énergies renouvelables (SER)
Dans le détail, sur les six premiers mois de 2025, 2 térawattheures (TWh) de production éolienne et solaire ont été écrêtés, c'est-à-dire volontairement arrêtés afin d'éviter un surplus de production, contre 1,1 TWh à la même période l'an dernier. Si l'on se focalise sur le photovoltaïque, ce chiffre a même triplé, passant de 0,4 TWh à 1,2 TWh. Soit 10 % du volume théoriquement produit pour le solaire qui a été « effacé », contre 5 % en 2024 et 1 % en 2023.
Concrètement, la plupart de ces installations s'arrêtent lorsque les prix deviennent négatifs sur le marché « spot », un système d'enchères de l'électricité organisé la veille pour le lendemain. Cela survient quand l'offre s'annonce supérieure à la demande : certaines centrales thermiques ou nucléaires préfèrent payer pour continuer de produire plutôt que d'assumer, a posteriori, des coûts importants d'arrêt ou de redémarrage. Le mégawattheure s'échange alors à moins de zéro euro, signe d'un trop-plein d'électrons.
« Autant une éolienne ou un panneau solaire c'est presque du « ON/OFF », autant si l'on arrête d'autres installations, comme des centrales au gaz, au charbon ou nucléaire, ce n'est pas évident de les faire repartir », précisait il y a quelques mois à La Tribune Mathieu Pierzo, directeur marchés de l'électricité chez RTE.