Ces deux dernières années, les oppositions politiques ont fustigé le bouclier tarifaire mis en place par l'État pour contenir les factures d'énergie. Et pour cause : non ciblé vers les ménages dans le besoin, celui-ci a aggravé l'état des finances publiques, déjà bien amochées, en générant un coût brut de 72 milliards d'euros depuis l'automne 2021, selon les chiffres de la Cour des comptes.
Et pourtant, alors que des législatives anticipées s'annoncent après la dissolution de l'Assemblée nationale, les mêmes oppositions proposent peu ou prou la même chose, tandis que le gouvernement tente lui d'en sortir : des mécanismes de soutien similaires pour tous les Français, quels que soient leurs revenus, et qui ne tiennent pas compte de l'empreinte écologique des produits consommés. En effet, dans cette campagne éclair, le Rassemblement national (RN) plaide à nouveau pour une baisse généralisée de la TVA sur l'électricité, le gaz et les carburants routiers, tandis qu'à gauche, le Nouveau Front populaire affiche dans son programme, révélé ce vendredi, le blocage des tarifs pour ces mêmes produits.
Preuve, s'il en fallait, que le sujet de l'énergie cristallise toujours les tensions autour du pouvoir d'achat. Et que la plaie ouverte par la crise fin 2021, qui a vu les prix de marché exploser à des niveaux jamais vus jusqu'alors, reste béante, malgré la baisse des cours observée depuis plusieurs mois. Selon le baromètre Energie-info réalisé à l'automne 2023 par le médiateur de l'énergie, près d'un ménage sur trois a en effet rencontré des difficultés pour payer certaines factures en 2023 (contre 18% en 2020), et même plus d'un sur deux chez les moins de 35 ans.