Nucléaire : la France et les Pays-Bas signent un accord de « coopération bilatérale »
latribune.fr
La France, pays le plus « nucléarisé » au monde par habitant (56 réacteurs pour 68 millions d'habitants), est devenue le fer de lance européen de la relance de l'atome.
Wikimedia Commons
Non contraignant, il s'agit d'« un engagement politique de la France et les Pays-Bas à travailler sur tous les domaines de l'énergie nucléaire », a précisé le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.
France et Pays-Bas vont travailler ensemble à la relance de l'atome. Les deux pays ont signé lundi un accord de « coopération bilatérale » dans le nucléaire. Dans ce texte consulté par l'AFP, Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition écologique et la ministre néerlandaise de la Politique climatique et de la Croissance verte Sophie Hermans ont déclaré « leur intention d'établir une coopération stratégique bilatérale dans le domaine de l'énergie nucléaire ».
Signé en marge du conseil Environnement de l'UE au Luxembourg, ce document est destiné à « approfondir la coopération énergétique » entre les deux pays après un premier accord signé le 12 avril 2023, a indiqué le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher à l'AFP.
« Cette déclaration d'intention couvre absolument tous les domaines de l'énergie nucléaire» a également fait valoir le cabinet, en citant la coopération entre les agences de sûreté, la recherche et développement, les déchets, la fin de vie des vieilles centrales, l'approvisionnement en combustible nucléaire, ainsi que « le problème de la formation et des ressources humaines ».
« Il va falloir former énormément d'experts, de techniciens et d'ingénieurs pour construire ces nouveaux réacteurs non seulement en France, aux Pays-Bas, mais en Europe de façon générale », a souligné le cabinet.
«Ce n'est pas un accord juridiquement contraignant (...) mais c'est un engagement politique de la France et les Pays-Bas à travailler sur tous les domaines de l'énergie nucléaire, parce que la France, comme les Pays-Bas, sont en train de relancer leur énergie nucléaire», a-t-on encore expliqué.
Il ne s'agit pas non plus d'un « accord commercial » et cela « ne concerne pas EDF à proprement parler ». « Mais ce genre de texte va créer des relations de travail entre les deux pays », fait-on valoir. L'électricien tricolore, qui est appelé à construire jusqu'à 14 réacteurs EPR2 en France et discute avec plusieurs pays européens pour y construire de nouveaux réacteurs, a d'ailleurs travaillé sur une étude de faisabilité au Pays-Bas.
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La France, pays le plus « nucléarisé » au monde par habitant (56 réacteurs pour 68 millions d'habitants), est devenue le fer de lance européen de la relance de l'atome, à la tête d'une « alliance européenne du nucléaire » impulsée par Agnès Pannier-Runacher lorsqu'elle était ministre de la Transition énergétique. Le groupe comptant 12 pays a prévu de se réunir mardi.
Les pays pro-nucléaires attendent une implication financière des banques
Au-delà de l'Europe, une vingtaine de pays pro-nucléaires souhaitent que les grandes institutions financières et les banques de développement internationales s'impliquent dans le financement du nucléaire civil dans le monde. C'est ce qu'ils ont déclaré à l'issue de leur réunion fin septembre à l'OCDE à Paris. Evoquant la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants, la construction de nouvelles capacités nucléaires et le déploiement rapide de petits réacteurs modulaires de type SMR, afin de participer à la décarbonation de la planète, les 22 pays représentés à la réunion de l'Agence pour l'énergie nucléaire (AEN) de l'OCDE ont formulé le besoin de « coopération » y compris sur le plan financier, selon le communiqué commun des gouvernements.
Jusqu'à présent dans le monde, les institutions financières internationales se refusent à financer les programmes de nucléaire civil, composés de projets lourds et coûteux. « Cette coopération cherchera à impliquer, le cas échéant, les institutions financières internationales et les banques de développement multinationales », indique le communiqué commun, signé par 22 des pays représentés sauf la Belgique. Dans la foulée, l'association de l'industrie nucléaire européenne nucleareurope, abondait dans le même sens en estimant nécessaire que « les institutions financières multilatérales, telles que la Banque mondiale, incluent l'énergie nucléaire dans leurs portefeuilles d'investissement et renforcent leurs capacités internes pour soutenir ces investissements ».
La réunion regroupait des pays membres de l'AEN, une émanation de l'OCDE (Bulgarie, Canada, République tchèque, Finlande, France, Hongrie, Italie, Japon, Corée du Sud, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Turquie, Royaume-Uni, Etats-Unis, Suède), ainsi que 4 pays non membres (Estonie, Ghana, Ukraine et Croatie).