Selon nos informations, l'eurodéputé français Christophe Grudler, à la tête de l'intergroupe parlementaire sur le nucléaire, veut convaincre le nouveau commissaire à l'Énergie, Dan Jorgensen, de s'engager à publier une stratégie sur l'atome lors de sa prochaine audition devant le Parlement européen. Ce serait une grande première depuis 2016.Demain, en marge du conseil européen de l'énergie, la ministre française de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher réunira, pour la première fois depuis son retour à l'hôtel de Roquelaure, la petite quinzaine de membres de l'alliance du nucléaire. L'occasion pour Paris et ses alliés de défendre le rôle de l'atome civil dans la décarbonation du Vieux Continent, à l'heure où la position de Bruxelles reste incertaine.
En effet, alors que la présidente de la Commission européenne, l'allemande Ursula Von der Leyen, avait entrepris un étonnant virage en faveur de la fission de l'uranium à la fin de son premier mandat et que le ministre tchèque de l'industrie Jozef Sikela, grand défenseur du nucléaire, était pressenti pour devenir commissaire à l'énergie, l'issue a été tout autre. La présidente a respectivement confié le portefeuille de l'Énergie et celui de la direction générale de la concurrence au danois Dan Jorgensen et à l'espagnole Teresa Ribera. Deux opposants notoires à l'atome. De quoi semer le doute sur les intentions réelles de l'exécutif bruxellois.
Obtenir un engagement fort du nouveau Commissaire à l'Energie
Toutefois, pour s'assurer que la fission de l'atome bénéficie d'un traitement similaire aux autres technologies décarbonées au nom du principe de « neutralité technologique », Paris pourra compter sur l'appui de l'intergroupe parlementaire sur le nucléaire. Selon nos informations, cette formation entend mettre la pression sur le nouveau commissaire à l'énergie lors de son audition prévue entre le 4 et le 12 novembre prochain afin de sécuriser le grand retour du nucléaire au sein de la politique énergétique de l'Europe.
« Je veux que Dan Jorgensen s'engage pendant son audition à publier une stratégie nucléaire pour les cinq ans qui viennent »,confie àLa Tribune, l'eurodéputé Christophe Grudler (Renew Europe), à la tête de l'intergroupe, qui devait rassembler quelque 120 eurodéputés, soit autant que lors de la précédente mandature.