Déchets du BTP : la Normandie à la chasse au gaspi
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Vue de l'entrepôt des Bâtineurs à Rouen, l'une des deux plateformes normandes de collecte et de revente de matériaux de réemploi.
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Vue de l'entrepôt des Bâtineurs à Rouen, l'une des deux plateformes normandes de collecte et de revente de matériaux de réemploi.
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Il suffit de jeter un coup d'œil dans une déchetterie pour en avoir un aperçu édifiant. Bois, armatures métalliques, isolants, verre, céramique, tuiles... Chaque année, le secteur du bâtiment produit un peu moins de 50 millions de tonnes de déchets. Soit grosso modo autant que ceux collectés auprès des ménages français.
Beaucoup trop aux yeux de l'Ademe pour qui au moins un dixième de cet énorme gisement pourrait être utilement réemployé dans de nouvelles constructions. Le ratio est très loin d'être atteint. On estime aujourd'hui que seulement 1% des matériaux et équipements, issus de la démolition ou de la réhabilitation, est réutilisé. Pour autant, la pratique tend à développer sous l'effet des réglementations favorables à l'économie circulaire.
Illustration en Normandie, première région où les acteurs du bâtiment se sont mis en mouvement de manière collective. Depuis cinq ans, l'Ademe et le Conseil régional les aident à s'acculturer au réemploi. Citons entre autres l'animation d'un réseau de professionnels, la création d'un centre de ressources, la mise en place de deux plateformes de collecte et de revente de matériaux, l'installation d'un groupe de travail autour de la réutilisation du béton dans la vallée de Seine...
Pour appuyer la démarche, une dizaine de maîtres d'ouvrage publics ou parapublics ont été accompagnés sur des expériences pilotes. Exemple avec la nouvelle gendarmerie de Condé dans le Calvados dont les ardoises, les radiateurs, les installations sanitaires, les dalles et le bois de charpente proviennent pour partie du chantier de la démolition d'un collège voisin. Réalisée par le Département, l'opération a permis d'éviter de jeter quelque 15 tonnes de déchets. Un test réussi pour Maud Dauphinot, directrice des bâtiments. « L'approche n'est pas si différente de la pratique classique sur des projets non standardisés », constate-t-elle à postériori
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À Évreux dans l'Eure, ce sont des cloisons, de la céramique, du mobilier, des luminaires et des moquettes qui ont été réutilisés pour aménager un élégant espace de coworking dans les anciens locaux de la Banque de France. Bilan : « 180.000 euros d'économies et 12,5 tonnes de déchets évités », dixit la direction du lieu.
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