Alors qu'une révision et peut-être un report de la taxe carbone aux frontières pourrait être l'un des textes de simplification présentés par la Commission européenne ce 26 février, Bruno Pillon, président de France Ciment, plaide pour une adoption rapide.
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) est l'un des piliers du Pacte Vert. Il impose aux entreprises européennes de déclarer leurs importations de certains matériaux dont la production est plus carbonée que celle réalisée à l'intérieur de l'Union européenne. C'est notamment le cas du fer, de l'acier, de l'aluminium, du ciment ou des engrais. Cela permet d'éviter que les fabricants européens délocalisent leur production dans des pays où la réglementation environnementale est moins contraignante — un phénomène baptisé « fuites de carbone ».
La Commission européenne prévoit de réviser le mécanisme pour renforcer la compétitivité industrielle européenne. Cette modification s'inscrit dans un projet de simplification plus large. Le règlement Omnibus, attendu mercredi 26 février, inclura cette révision. Il comprendra également la directive CSRD sur le reporting extra-financier, le texte CS3D sur le devoir de vigilance et la taxonomie verte.
Dans ce contexte, la position de France Ciment, l'organisation professionnelle qui regroupe les fabricants de ciments, chaux, etc. qui tranche avec celle d'autres industries. Bruno Pillon, son président, répond à La Tribune.
Contrairement à d'autres secteurs tels que la chimie ou les engrais, vous poussez à une entrée en vigueur du MACF au 1ᵉʳ janvier prochain comme prévu. Pourquoi ?
Le MACF est un atout majeur pour la transition écologique et industrielle et un dispositif clé de compétitivité.Nous sommes l'industrie la plus pénalisée par la distorsion de concurrence qui découle de la situation actuelle. L'intensité concurrentielle est particulièrement forte sur le ciment et les importations de clinker [le constituant principal du ciment] ont explosé depuis cinq ans.
L'enjeu porte d'ailleurs beaucoup plus sur le clinker que sur le ciment lui-même, qui est compliqué à importer hors d'Europe. La quantité de quotas carbone gratuits [alloués depuis 2005 aux secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre] diminue au fil des réformes du marché européen du carbone.
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