Le logement social face au mur des passoires thermiques
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le parc social normand compte 53.000 logements étiquetés E,F ou G
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le parc social normand compte 53.000 logements étiquetés E,F ou G
DR
Avec « seulement » 17 % de logements classés E, F ou G, soit dix points de moins que la moyenne nationale, le parc social normand n'a pas à rougir de sa notation au Diagnostic de performance énergétique, le fameux DPE. À première vue, le monde HLM de la région semble mieux armé que d'autres pour s'aligner sur l'objectif de neutralité carbone de 2050. Mettre l'ensemble de son patrimoine en conformité ne sera pourtant pas une promenade de santé. Non que les bailleurs restent les bras croisés.
Chaque année, ils dépensent en moyenne 260 millions d'euros rien que pour isoler et/ou changer le mode de chauffage d'une partie de leur parc. Seulement voilà, cet effort si méritoire soit-il s'avère nettement insuffisant, au regard des nouvelles réglementations commandées par les urgences climatique et sociale. « Au rythme actuel, nous n'atteindrons l'objectif de 2050 qu'en 2077 », est bien obligée de constater Valérie Mespoulhès, présidente de l'Union sociale pour l'habitat de Normandie.
L'USHN a fait les comptes. Pour se mettre dans les clous, les organismes devront injecter, non plus 260 millions, mais 380 millions tous les ans. « Cela représente un total de 10 milliards pour les 25 prochaines années, calcule tout haut sa directrice adjointe, Amandine Lafitte. Dans le même temps, il faudra continuer de construire mais aussi d'adapter les logements au vieillissement et aux besoins des jeunes ». Dès lors, comment accélérer ici, sans freiner là ?
Face à cette équation, l'Union a présenté, la semaine dernière, à ses adhérents une feuille de route ambitieuse en deux étapes qu'elle a dénommé « trajectoire de décarbonation ». Son but ? Éradiquer en moins de dix ans les quelque 50.000 passoires thermiques que compte encore le parc normand. Puis basculer la totalité des 310.000 HLM en DPE A,B ou C d'ici à 2050.
À lire également
Pour assurer la réussite dudit plan, les rédacteurs tablent sur la propension du monde HLM à innover sur le plan technique et à se montrer « avant-gardiste ». Sont notamment évoquées le déploiement de filières locales capables de mettre en œuvre des nouvelles solutions industrielles autour de la construction biosourcée, du réemploi de matériaux, des ENR ou des réseaux de chaleur.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.
