Bercy prête à revoir à la baisse sa prévision de croissance

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Malgré la pression, le gouvernement veut attendre les sommets européens et le G20 pour abaisser sa prévision 2012. Dans un premier temps, la réserve de précaution devrait être augmentée.

L'étau se resserre mais le gouvernement ne veut toujours pas sortir du bois. Tout juste distille-t-il depuis la semaine dernière quelques indications sur une éventuelle révision à la baisse de ses prévisions de croissance.

Pourtant, la réduction de moitié par Berlin de sa prévision de croissance pour 2012, de 1,8 % à 1 %, aurait pu inciter Paris à lui emboîter le pas. Car, c'est depuis quelque temps une certitude (a fortiori depuis l'avertissement sur le AAA français lancé par l'agence de notation Moody's), la prévision de croissance sur laquelle a été construit le projet de loi de finances pour 2012 (lire ci-contre), de 1,75 %, pèche par optimisme, même si le gouvernement a anticipé un scénario bas à 1,5 % (« La Tribune » du 19 octobre).

Le consensus Reuters des économistes table sur 0,9 %, quand d'autres prévisions plus sombres envisagent 0,8 % (OFCE) voire 0,3 % (Deutsche Bank). Même le rapporteur UMP du budget de l'Assemblée nationale, Gilles Carrez, ne croit pas à une croissance supérieure à 1 %. Partant, respecter l'engagement d'une réduction du déficit public à 4,5 % du PIB en 2012 relève de la gageure. À moins de trouver entre 5 et 7 milliards d'euros d'économies en sus des 11 milliards déjà programmés pour 2012 dans le plan de rigueur (0,5 point de croissance représentant 5 milliards d'euros). Pour Jean Arthuis, membre centriste de la commission des finances du Sénat, « il va manquer entre 5 et 10 milliards d'euros ».

Précisant les déclarations de François Fillon et de François Baroin, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a indiqué vendredi que priorité était donnée aux sommets européens des 23 et 26 octobre et au G20 (qui aura lieu à Cannes les 3 et 4 novembre prochains), histoire de mieux « appréhender le niveau de croissance pour 2012 », précise-t-on à Bercy, sans pour autant dévoiler ces nouvelles projections. Selon certaines sources, les services de Bercy élaborent un nouveau scénario basé sur une croissance à 1,2 %.

Prudente, la rapporteure PS du budget du Sénat, Nicole Bricq, va elle proposer en commission des finances le 26 octobre une stratégie budgétaire reposant sur des hypothèses de 1,2 % et 0,9 % (latribune.fr du 21 octobre). Valérie Pécresse a toutefois précisé que « la France tiendra ses engagements de réduction des déficits, comme elle l'a fait l'an dernier ou en adoptant en plein été le plan de François Fillon ». Autrement dit, le gouvernement n'exclut pas de prendre de nouvelles mesures (« La Tribune » du 20 octobre). Reste à savoir quand et comment.

Période pré-électorale

Les pistes d'une plus grande austérité évoquées par Gilles Carrez (hausses ciblées de TVA, taxe carbone, efforts supplémentaires de la part des ministères, des collectivités locales...) restant pour l'heure exclues en période pré-électorale, « le collectif budgétaire de fin d'année est un véhicule ordinaire qui permettra de faire passer des mesures », estime Michel Bouvard, vice-président (UMP) de la commission des finances de l'Assemblée.

Comme le suggèrent nombre de députés de la majorité, dans un premier temps, afin de faire face à tout imprévu, Gilles Carrez propose d'augmenter la réserve de précaution (de l'ordre de 6,6 milliards d'euros dans le budget 2012) en portant le taux de mise en réserve des crédits ministériels de 6 % à 9 % et en élargissant son assiette par la mise à contribution des pouvoirs publics (Parlement, Élysée...). Dans le cadre du plan de rigueur du 24 août, le taux de mise en réserve avaient déjà été relevé de 5 % à 6 %.

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