Croissance : le trou d'air pourrait se prolonger

Le climat des affaires s'est nettement dégradé en juillet. Anticipée par l'Insee, l'accélération prévue de l'activité au troisième trimestre ne paraît plus si évidente.
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Le scénario publié par l'Insee en juin était clair : après une forte progression du PIB au premier trimestre (+ 0,9 %), la croissance ne progresserait plus que de 0,2 % au deuxième avant de remonter à partir du troisième (+ 0,5 %). Cependant, au regard des indicateurs parus la semaine dernière, la situation s'annonce peut-être plus délicate que prévu. Le ralentissement du deuxième trimestre pourrait se prolonger bien au-delà et se transformer ainsi en gros trou d'air.

Le climat des affaires s'est en effet nettement dégradé en juillet, a indiqué l'Insee vendredi. L'indice reste certes au-dessus de sa moyenne de longue période (100 points), mais perd 4 points.

En outre, l'indicateur global de retournement conjoncturel, qui anticipe l'activité à venir, se replie pour le troisième mois consécutif. Seul le bâtiment tire son épingle du jeu avec un indicateur de climat des affaires qui augmente globalement depuis avril. Il est vrai aussi que le secteur n'a opéré sa sortie de crise qu'au début de l'année après trois années difficiles.

Croissance nulle

Autre signal d'alerte, la société d'études économiques Markit a annoncé jeudi un fort ralentissement de l'activité dans l'industrie et les services en juillet dans la zone euro. Son indicateur global a enregistré sa plus forte baisse depuis 2008 (- 2,5 points), à 50,8 points. Il dépasse désormais à peine le seuil de 50 points au-dessus duquel l'activité progresse.

Ce n'est pas tout. La croissance « des pays du noyau dur » de la zone recule, fait remarquer une note de BNP Paribas. Or, ils constituent les principaux partenaires commerciaux de la France, absorbant les deux tiers environ de ses exportations. Ainsi, les prévisions ne font pas assaut d'optimisme. Déjà au début du mois, la Banque de France a révisé à la baisse de 0,2 point, son estimation de croissance pour le deuxième trimestre (de 0,4 % à 0,2 %), son indicateur du climat des affaires ayant fléchi sous sa moyenne de long terme en juin (99 points). Certains anticipent désormais une croissance nulle au deuxième trimestre. « La production industrielle va être très mauvaise sur le trimestre, à 0,1 %, malgré le rebond de mai », estime notamment Camille de Williencourt chez Natixis. « Un ralentissement progressif tout au long de l'année va succéder à un très bon premier trimestre », explique-t-elle, et « c'est l'effet d'acquis très fort du premier trimestre qui permettra tout de même à la croissance de progresser de 1,9 % en 2011».

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