CCI, la motion de défiance est courtoise en Aquitaine

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
Rappelons que la motion de défiance appelle en particulier les CCI à cesser toute forme de coopération avec les services de l'Etat, au contact desquels elles sont pourtant régulièrement. Pour dissiper toute forme d'ambiguïté, et après l'article du 28 mai consacré par La Tribune Objectif Aquitaine à ce dossier (lire "Crise consulaire les Aquitains veulent négocier"), dans lequel le président de la CCI d'Aquitaine, Laurent Courbu, refusait de couper les ponts avec les services de l'Etat, tout en modérant la teneur des annonces faites à Paris, la CCI de Libourne (33), a très diplomatiquement pris la tête de la contestation nationale dans la région, en s'arrangeant pour que le sous-préfet de Libourne ne participe pas à l'assemblée générale de la CCI du lundi 2 juin.
"J'ai appelé le sous-préfet, que je connais bien, pour lui dire que s'il avait autre chose à faire ce serait une bonne idée. De la même façon, j'ai averti le préfet, Michel Delpuech, qui tenait le lendemain une réunion d'information sur le pacte de responsabilité à la CCI que les portes seraient ouvertes, mais que je serais absent, en application de la motion de défiance. Tous ces entretiens ont été courtois", relève Yves Ratel. Cette application même courtoise de la motion de défiance, pas du tout dans la philosophie du président Courbu, semble pourtant faire l'unanimité dans les territoires. Dans un communiqué adressé aux services de l'Etat, que la CCI de Libourne a fait parvenir hier en fin de journée à notre journal, les présidents des CCI d'Aquitaine (Bayonne Pays basque, Bordeaux, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne, Pau Béarn) informent ainsi "les préfets et sous-préfets de leurs territoires et les 100.000 entrepreneurs aquitains de leur soutien à cette décision exceptionnelle et nationale (la motion de défiance NDR), ainsi que de leur désaccord avec les intentions du gouvernement".
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A la suite de l'initiative de la CCI de Libourne, Laurent Courbu estime toujours que "ça ne sert à rien de montrer ses muscles, je suis partisan de solutions venant des territoires ce qui me convainc qu'il faut garder le contact avec les autorités de tutelle", argumente-t-il. Reste que le président de la CCI de Libourne n'a pas apprécié qu'à son retour de Paris Laurent Courbu propose le maintien d'une CCI par département, au lieu d'une par région comme prôné par dans le pré-rapport national qui a mis le feu aux poudres. "Il n'est pas question de fusionner la CCI de Libourne avec celle de Bordeaux, et je peux vous dire que quand il a lu les déclarations de Laurent Courbu dans votre article, André Garreta, président de la CCI de Bayonne Pays basque, était furieux", avertit Yves Ratel. L'avenir des CCI est un sujet complexe qui réserve à coup sûr d'autres rebondissements.
Jean-Philippe Dejean