Dans les villes écolos, une lente métamorphose du cadre de vie
Maxime Giraudeau, Olivier Mirguet et Anne Taffin
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La première micro-forêt plantée à Bordeaux en 2021 pousse petit à petit sur 180 m2 au sud de la ville.
Agence APPA
Dans les villes écolos, une lente métamorphose du cadre de vie
À leur arrivée, elles décrétaient l'état d'urgence climatique et promettaient une transformation du paysage urbain. Cinq ans après, les mairies écologistes ont bien fait place aux espaces verts et au vélo mais les effets sont encore peu visibles.
Des microforêts dans la ville de pierre. Quand Bordeaux bascule écolo en 2020, la perspective de mini-écrins de verdure à la place du béton suscite une grande curiosité. Inspiré par une méthode japonaise, le nouveau maire Pierre Hurmic souhaite alors déployer des plantations d'arbres compactes et dispersées aux endroits les plus chauds de la ville. Grâce à elles et aux autres initiatives de végétalisation, la promesse est d'avoir un espace vert à dix minutes de marche pour tout habitant.
Cinq ans après, onze microforêts ont poussé, allant de 180 à 1 000 mètres carrés et jusqu'à 3 000 mètres carrés pour la plus grande. Ce qui doit rafraîchir les quartiers si l'on accepte « qu'un arbre équivaut à cinq climatiseurs », comme le rappelle à l'envi l'élu vert. La reconquête végétale est en ordre de marche.
Tout comme à Strasbourg où, en août 2020, deux mois après la victoire de l'écologiste Jeanne Barseghian, la ville de Strasbourg a adopté son plan « Canopée » et promis de planter 10 000 arbres supplémentaires d'ici 2030. À plus long terme, en 2050, ce plan prévoit 30 % de surfaces protégées par les arbres, soit 306 hectares de forêts à créer dans les différents quartiers de Strasbourg.
Fraîcheur limitée
La nouvelle majorité municipale ambitionne de réduire les îlots de chaleur et de protéger la biodiversité. « Nous créons des microforêts urbaines, avec l'appui des bailleurs sociaux, et demandons aux promoteurs immobiliers de revoir leurs projets en fonction du patrimoine existant », détaille Suzanne Brolly, adjointe à la mairie de Strasbourg, en charge du plan local d'urbanisme et du programme local de l'habitat.
Mais dans ces villes très minérales, le verdissement se fait plus cosmétique que transcendant. Et l'efficacité des grappes végétales est discutée. « Ça me dérange qu'on dise qu'une micro-forêt peut rafraîchir la ville ou être favorable à la biodiversité. On n'a pas les données pour le dire, tord Philippe Clergeau, professeur émérite au Muséum national d'histoire naturelle et consultant en écologie urbaine. Le problème est économique. Dans une microforêt on plante 3 à 5 petits arbres par m2 et on a plus de 70 % de mortalité selon des travaux scientifiques. Il faut apporter beaucoup de compost et arroser ça sans arrêt. Beaucoup de municipalités s'en sont emparées, mais en termes d'entretien ça coûte cher », explique-t-il.