DÉCRYPTAGE. Cinq ans après son élection, le maire écologiste de Bordeaux Pierre Hurmic revendique toujours un rôle de simple facilitateur économique. Une posture discrète, critiquée par ses opposants et une partie du patronat, malgré des indicateurs économiques qui n'attestent pas d'un décrochage bordelais.À un an des élections municipales, chacun brandit le classement qui vient confirmer ses propres biais. À gauche, le maire écologiste Pierre Hurmic met en avant la 3e place de Bordeaux dans la dernière édition du baromètre Arthur Loyd sur l'attractivité des métropoles françaises, avec notamment une 2e place sur la qualité de vie. A droite et au centre, on se réfère plus volontiers au palmarès 2025 de l'association « Villes et villages où il fait bon vivre » : Bordeaux y figure à la 37e position, soit huit crans en dessous de 2024 et 29 rangs de moins qu'en 2020.
Défendre « un joyau partagé »
De quoi donner de l'eau au moulin du député Renaissance de Bordeaux Thomas Cazenave. Déjà entré en campagne, l'ex-ministre du Budget dénonce dans Sud Ouest « une ville qui s'est refermée » et attaque « le moratoire sur la 5G, le refus de la LGV [Bordeaux-Toulouse] ou la remise en cause de l'attractivité économique ». De son côté, Pierre Hurmic répète à l'envi qu'en tant que maire, il n'a pas de compétence économique et se positionne plutôt comme « un facilitateur auprès des entreprises ».
Un rôle moins affirmé que le costume d'ambassadeur des entreprises endossé par Alain Juppé, Nicolas Florian ou Virginie Calmels avant lui. Mais, conscient qu'il faut occuper le terrain économique, le maire écolo vient de lancer l'initiative « Bordeaux se met au verre » pour inciter les restaurateurs bordelais à proposer des verres de vins de bordeaux à des tarifs abordables.