Pourtant républicains, les Français ont une certaine fascination pour la reine, surtout les plus anciens, intrigués par le fonctionnement de la monarchie. "L'annonce de la mort d'Elizabeth II, ça été un choc, je n'ai connu qu'elle", témoigne le Dr Philippe Hamida-Pisal, médecin bordelais âgé de 54 ans, expatrié à Londres depuis plus de vingt ans. "À chaque fois qu'on allait dans des pubs et qu'on levait nos verres, on chantait toujours « God save the Queen », il y avait énormément de respect pour elle."
Le médecin a fondé et dirige une clinique esthétique et dermatologique sur Harley Street, en plein centre de Londres. Ce lundi, ses trois employés ont l'autorisation de ne pas travailler : c'est jour férié au Royaume-Uni ! "Les jours féries ne sont pas obligatoires ici", précise-t-il. "Ils peuvent rester à la clinique, mais le conseil donné est de ne rien faire lié au travail". Le Français lui, est d'astreinte : "Comme on est un cabinet médical, on peut être amené à traiter des urgences", explique-t-il. "Vu la foule attendue, je pense qu'il va y avoir beaucoup d'évanouissements. On demande aux personnels médicaux d'être en alerte. Nous, on suivra la cérémonie de la clinique à la télévision." Tous les magasins, les banques et la bourse du Royaume-Uni sont en effet fermés ce lundi.
On estime à entre 300.000 et 400.000 le nombre de Français outre-Manche. Un grand nombre a fait le choix de prendre la nationalité britannique. C'est le cas de Camille Boileau. Originaire de Bordeaux Caudéran, diplômée de l'EDHEC, la grande école de commerce de Lille, la Française travaille dans la finance à la City, le quartier des affaires de Londres.