Aquitains d'ailleurs : l'Irlande fait les yeux doux aux entreprises déçues du Brexit
Emmanuel Langlois
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Franck Brunet dirige depuis 2008 une société de conseil en stratégie installée en Irlande.
DR
Emmanuel Langlois
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Franck Brunet dirige depuis 2008 une société de conseil en stratégie installée en Irlande.
DR
Depuis les dernières fêtes de fin d'année, son téléphone n'arrête pas de sonner ! Franck Brunet reçoit, dit-il, dix à quinze appels par jour. "Jusqu'à il y a quelques semaines, certains croyaient encore que le Royaume-Uni n'allait pas sortir de l'Europe", témoigne le Français. "Au départ, c'étaient des signaux faibles mais tout le monde s'y est finalement pris au dernier moment. Les banques ont aussi pas mal poussé leurs clients à basculer sur l'Irlande." Car les règles pour créer et gérer son entreprise sont semblables dans les deux pays, quasiment du copié-collé.
La différence de taille, en revanche, c'est que l'Irlande reste en Europe, avec l'euro pour monnaie et un taux d'imposition sur les sociétés très avantageux comparé à la France par exemple. Monter sa boîte à Dublin ou Cork est rapide et peu coûteux. "Cela vous laisse ainsi du temps pour développer votre activité", suggère Franck Brunet. "La mentalité est vraiment à l'anglo-saxonne ici : on vous fiche la paix pour travailler." Avec un taux de chômage inférieur à 5 % avant la crise, l'Irlande (aujourd'hui toujours confinée pour cause de Covid-19) était en situation de plein emploi.
C'est essentiellement le secteur du digital et du e-commerce qui attire les sociétés étrangères, des startups spécialisées dans la vente à distance de produits ou de services comme des formations. On trouve aussi beaucoup de plateaux de télémarketing à la recherche d'employés francophones. "Souvent, ces petites sociétés n'ont pas d'actifs : ni salariés, ni bâtiment", reconnaît Franck Brunet. "Ici, on n'a pas besoin de bureau physique mais les autorités irlandaises exigent une activité réelle. Elles font le tri entre les vrais entrepreneurs et les simples boîtes aux lettres sans compte bancaire. Il y a vraiment cette notion de domiciliation et d'implantation."
À lire également
Beaucoup de ces sociétés du numérique sont aussi sous-traitantes des géants américains de l'internet qui ont installé en Irlande leur siège européen, comme Apple (à Cork), Facebook ou Twitter, attirés par la politique de dumping fiscal du gouvernement irlandais. Des secteurs plus traditionnels sont aussi représentés comme l'aéronautique, les télécoms ou les laboratoires pharmaceutiques.
Emmanuel Langlois
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur