« Si vous n'avez pas en trésorerie de quoi tenir au moins neuf mois, vous aurez des problèmes... », lâche Ludivine Romary, dont la startup MyEli a été liquidée le 6 août dernier. « Mais peu de startups disposent aujourd'hui de neuf mois de trésorerie, beaucoup de boîtes vont disparaître. Le changement de paradigme est d'une violence sans nom : un fonds sur deux ne prend pas de nouveaux dossiers », témoigne un autre entrepreneur bordelais qui travaille d'arrache-pied à boucler une nouvelle levée de fonds : « Les conditions ont radicalement changé : il faut être rentable, en croissance et faire de l'impact mais, même avec ça, c'est très compliqué... », poursuit-il. Une réalité à laquelle sont confrontées de très nombreuses startups de la région bordelaise et de Nouvelle-Aquitaine. Après avoir levé des fonds il y a deux ou trois ans, elles cherchent à se refinancer en vain sur un marché du capital-risque qui s'est profondément transformé depuis 18 mois.