LA TRIBUNE - Quelle est la tendance des levées de fonds sur les neuf premiers mois de 2023 ?
Rodolphe LILAMAND - Au niveau national, on observe un vrai ralentissement des méga-levées de fonds et beaucoup moins d'activité sur les opérations de late-stage [les levées de fonds en série B, C ou D]. Des fonds avaient massivement investi sur ce segment en 2020 et 2021 et font face aujourd'hui à des moins values ce qui les incite à prendre un peu de distance avec le capital-risque. Et ce trou d'air sur le financement du late stage va se propager sur les tours plus en amont. Les attentes des investisseurs ont évolué et on voit que l'atteinte de l'équilibre économique et l'évolution de l'Ebitda [bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement] sont des indicateurs devenus centraux dans leurs analyses des dossiers. Concrètement, cela se traduit par beaucoup plus de sélectivité parmi les startups dans les tours de table d'accélération : on n'est plus dans la course à la croissance, aux parts de marché et à l'acquisition de clients qui a marqué les dernières années. Les startups sont face à un check de réalité qui est nécessaire pour s'assurer que les entreprises qui sont financées sont en mesure de bâtir un modèle économique solide et rentable à moyen voire court terme.